La chronique de l'actualité

La place de Paris fait grossir sa pelote

le 17/10/2018

Alexandre Garabedian

Pendant les négociations autour du Brexit, les affaires continuent pour la place financière de Paris. Pas une semaine ne se passe, ou presque, sans qu’un grand groupe n’annonce son intention d’étoffer ses équipes en France. Mardi, c’est Wells Fargo qui a désigné la capitale comme le futur centre névralgique de ses activités bancaires en Europe continentale. La banque californienne a demandé une licence pour créer à Paris une filiale, Wells Fargo Securities. Une fois que le Royaume-Uni aura quitté ses partenaires, cette structure fournira ses services de banque d’investissement et de marchés de capitaux aux clients qui ont besoin d’une base sur le Vieux continent.

Début octobre, la rumeur prêtait aussi au japonais Nomura l’intention d’installer à Paris le centre de ses activités de prêts pour l’Europe. Officiellement ou non, la plupart des grandes banques internationales ont déjà commencé à muscler leurs équipes dans la capitale. C’est dans les activités de marché, trading en tête, que la France marque aujourd’hui des points vis-à-vis d’autres centres comme Francfort, Dublin et le Luxembourg. Elle le doit à l’opération séduction sans précédent menée par l’ensemble des forces vives de la place. Elle bénéficie aussi de la technicité des autorités locales, qui sont habituées de longue date à superviser des métiers complexes chez BNP Paribas ou chez la Société Générale, et qui constituent donc des interlocuteurs crédibles pour les ténors de Wall Street.

Cet été, on estimait à 4.000 le nombre d’emplois qui pourraient être transférés de Londres ou créés à Paris comme conséquence du Brexit. Si la perspective d’un hard Brexit se confirme, le pointage pourrait se révéler bien supérieur à long terme. De quoi attiser aussi la concurrence à laquelle font face les banques françaises sur un marché déjà très disputé.

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