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La Chine continue à mettre au pas ses conglomérats

le 26/02/2018

Alexandre Garabedian

Voilà des années que les investisseurs surveillent comme le lait sur le feu la bulle financière chinoise. Qu’ils se rassurent, les autorités du pays veillent au grain, comme le montre la mise sous tutelle d’Anbang Insurance, devenu en quelques années le deuxième assureur local. Pékin avait déjà pris des mesures de rétorsion contre le groupe l’an dernier et avait emprisonné son fondateur, mais c’est la première fois en dix ans que l’on assiste à un sauvetage financier d’une telle ampleur.

Et pour cause : Anbang, c’est un peu le nouvel AIG, la compagnie américaine atteinte de folie des grandeurs et que les Etats-Unis avaient dû renflouer à coups de dizaines de milliards lors de la crise financière. Le bilan du groupe chinois pèse l’équivalent de 250 milliards d’euros.

Anbang s’est fait connaître du grand public en 2014 lorsqu’il s’est adjugé le célèbre hôtel Waldorf Astoria de New York. En quelques années, ce conglomérat opaque, fondé par un homme d’affaires tout aussi mystérieux, s’est livré à une frénésie d’acquisitions. Il a dépensé plus de 20 milliards de dollars pour racheter, entre autres, des immeubles, une banque en Belgique et un assureur aux Pays-Bas. Afin de financer ses emplettes, Anbang s’endettait à court terme auprès des particuliers chinois. Ceux-ci lui confiaient leurs économies, alléchés par la promesse de rendements très élevés. La recette idéale pour ruiner des millions d’épargnants le jour où le vent tourne. Conscientes du danger, les autorités ont précipité la chute d’Anbang, en attendant un prochain démantèlement.

D’autres conglomérats, coupables d’avoir grossi trop vite, ont aussi subi les foudres du pouvoir à Pékin, mais pas dans de telles proportions. On peut citer HNA ou Wanda, obligés aujourd’hui de céder des actifs en urgence. Fosun, l’actionnaire du Club Med, s’en sort mieux, puisqu’il vient de s’offrir la maison de couture Lanvin.

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