La chronique de l'actualité

L’impossible consolidation boursière se confirme en Europe

le 28/02/2017

Philippe Mudry

On ne sortira les mouchoirs ni à Berlin ni à Londres si, comme il est quasi assuré, les bourses de Londres et de Francfort sont interdites de fusion.

Car l’opération n’était appréciée ni sur le continent ni au Royaume Uni.

Avec un tact rare, c’est Bruxelles qui devrait bientôt se charger d’éviter aux deux autres capitales le soin d’y mettre le holà !

Comme il était prévisible, la Commission a demandé aux deux partenaires de céder des actifs qui leur promettaient de dominer sans partage l’activité dite de « compensation des produits dérivés ».

Derrière ce vocable barbare se cache l’activité la plus lucrative des marchés modernes : celle qui consiste à assurer la bonne fin des transactions sur ces produits d’assurances qui permettent de couvrir le risque afférant à un instrument financier.

Londres s’était déjà résolu à vendre l’activité française de sa chambre de compensation à son rival continental Euronext.

Mais Bruxelles a exigé qu’il fasse de même avec une autre plateforme spécialiste des marchés de taux, MTS. Demande que la Bourse de Londres a jugée « disproportionnée ».

A supposer même que Bruxelles ait été moins exigeant, il est douteux que la fusion aurait pu aboutir.

Ainsi la localisation du siège social, prévue à Londres, irritait en Allemagne, notamment le Land de Hesse où se trouve la Bourse de Francfort.

Il est vrai que le Brexit devrait couper les activités financières de la City du fameux « passeport » donnant accès au marché unique.

La consolidation boursière demeure donc introuvable en Europe. C’est la 5ème opération du genre qui y capote depuis l’an 2000.

Alors que New York, Tokyo ou Hong Kong s’affirment leur suprématie mondiale, l’Europe cherche toujours son champion.

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