La chronique de l'actualité

Début d’année en fanfare pour la dette d’entreprise

le 10/01/2017

Alexandre Garabedian

L’année 2017 démarre en trombe pour le marché de la dette d’entreprise. Les grands groupes européens ont emprunté 13 milliards d’euros la semaine dernière. Sur la seule journée de lundi, ils ont vendu 4 milliards et demi d’euros de dette supplémentaire aux investisseurs. Parmi ces emprunteurs, beaucoup de constructeurs automobiles, à l’image de Renault ou de BMW, mais aussi des banques – hier, c’est le Crédit Agricole qui s’est illustré en levant un milliard d’euros à une échéance de 7 ans.

Partant du principe que ce qui est pris n’est plus à prendre, les entreprises se dépêchent de profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour avancer dans leur programme de financement. Il faut dire que tous les feux sont au vert. Les derniers indicateurs économiques sont plutôt bien orientés dans le monde. Les investisseurs restent sous le charme de Donald Trump et de son programme économique jugé expansionniste. Et pendant ce temps, la Banque centrale européenne continue d’inonder les marchés financiers d’argent frais. Même les secteurs les plus risqués, comme les banques italiennes, parviennent aujourd’hui à se financer sans grosse difficulté. Les grandes sociétés européennes ont un autre intérêt à profiter dès maintenant de cette fenêtre d’opportunité : elles seront contraintes à l’abstinence dans quelques semaines, au moment de publier leurs résultats annuels.

Quels éléments pourraient faire dérailler le train de la dette ? Une déception sur les annonces de Trump, un remake de la crise en Chine comme en janvier 2016, ou encore une résurgence du risque politique en Europe. Dans la zone euro, le premier test électoral aura lieu aux Pays-Bas au mois de mars. D’ici là, les entreprises auront fait provision de ressources pour passer un printemps tranquille.

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