La chronique de l'actualité

Redistribution des cartes en vue au sein de l’Europe boursière

le 21/12/2016

Philippe Mudry

Entre un exécutif mieux disposé à son égard pour bénéficier du Brexit et des parlementaires près à scier la branche commune pour d’obscures raisons idéologiques, la Place de Paris dû batailler ferme cette année pour tenir son rang dans le contexte international.

Ses efforts pourraient finir par payer.

Parmi les embûches qui jalonnent sa route, la fusion annoncée entre les Bourses de Londres et de Francfort n’est pas la moindre.

Or si elle se fait, la Bourse de Paris pourrait limiter les dégâts en récupérant une activité du nouvel ensemble fusionné.

Pour obtenir le feu vert de Bruxelles, le London Stock Exchange vient en effet d’entrer en négociations exclusives avec Euronext pour lui céder LCH.Clearnet SA, la branche française de la chambre de compensation londonienne.

Derrière ce mot abscons de « compensation » se cache une activité sonnante et trébuchante :

celle qui permet à des parties prenantes sur un marché financier de boucler une transaction en sécurité technique, financière et juridique.

Ces activités de « tuyauterie » sont souvent le moteur caché de la consolidation des opérateurs des marchés.

Poussées par des règlementations envahissantes, très rentables, elles se sont énormément développées, notamment sur les marchés dérivés en croissance ultra-rapide.

Pendant des années, Euronext a manqué d’un tel pôle d’activité à sa mesure, à l’opposé de ses concurrents allemand et britannique.

Combler ce manque, ce qui est dans ses moyens financiers, améliorerait son modèle économique et lui donnerait un relai de croissance.

Même si cela resterait pour lui un pis-aller car l’opérateur pan-européen aurait quand même pour rival un ensemble germano-britannique sans comparaison plus gros. 

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