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Les « flash crash » ne sont plus exceptionnels sur les marchés

le 10/10/2016

Les « flash crash » sont des accidents de marché aussi courts que violents dont le dernier a affecté la livre vendredi.

Quand ils sont apparus il y a quelques années, chacun voulait se convaincre de leur caractère exceptionnel.

Mais les exceptions se multiplient, même sur les marchés les plus liquides comme les devises, y compris de réserve comme la livre, la quatrième du monde.

Or contrairement au « flash crash » ayant touché le franc suisse en 2015, résultat d’un changement de parité, la pression subie par la devise britannique ne justifie pas le choc qu’elle a subi.

Ni les propos musclés de Theresa May sur le Brexit, ni la mise en garde qui lui a adressée jeudi soir Francois Hollande ne pouvaient non plus provoquer un tel accident.

La vraie raison est à chercher dans le dysfonctionnement des marchés, déjà pointés du doigt lors du « flash crash » le plus fameux, celui ayant touché en 2014 les titres d’Etats américains – les T Bonds -, marché lui aussi en principe liquide.

La domination croissante du trading algorithmique, entendez les robots, a sûrement une part de responsabilité.

Et il est probable aussi que le re-régulation financière récente en porte une autre.

Elle a banni le trading pour compte propre, grande spécialité des banques d’affaires, et toute activité de « tenue de marché », par laquelle des intermédiaires se portaient contrepartie en cas de trou d’air pour en tirer profit d’un rebond.

Si les « flash crash » deviennent récurrents, c’est un souci majeur pour les régulateurs, menacés d’un accident de grande ampleur.

Mas à ce jour, le phénomène demeure mystérieux. Ainsi en dépit d’études multiples et fouillées, le « flash crash » de 2014 est toujours inexpliqué.  

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