La chronique de l'actualité

Un semestre maussade en vue pour les IPO en Europe

le 18/07/2016

Alexandre Garabedian

Le succès de la double introduction en Bourse de Line aux Etats-Unis et au Japon va-t-il donner des idées aux entreprises européennes ? Le Whats app japonais, qui offre un service de messagerie instantanée, a gagné jusqu’à 36% la semaine dernière pour son premier jour de cotation à Wall Street. A Tokyo, l’action s’est même adjugé plus de 50% en séance. Il s’agit de la plus grosse entrée en Bourse de l’année dans le secteur technologique.

Mais, en Europe, les perspectives sont plus maussades. Au deuxième trimestre, les montants levés lors d’introductions en Bourse sur le marché européen ont fondu d’un quart en un an, selon le cabinet de conseil PwC. L’approche du référendum britannique sur le Brexit n’a pas aidé les entreprises à tenter l’aventure. D’ailleurs, à Londres, les nouvelles cotations ont chuté de 75% sur la période. Le reste de l’année devrait poursuivre la tendance. Pour l’ensemble de 2016, les experts de PwC s’attendent à un volume d’introduction en Bourse de 25 milliards d’euros sur les marchés européens. Ce serait deux fois moins qu’en 2015 et en 2014.

Les Bourses européennes ne sont pas fermées aux candidats à la cotation, mais elles manquent aujourd’hui de grands projets. Les fonds de capital investissement, gros pourvoyeurs d’introduction en Bourse, trouvent davantage intérêt à des cessions de gré à gré, compte tenu de la volatilité des marchés actions. A Paris, malgré un début de mois de juillet chahuté, trois sociétés ont rejoint la cote : les biopharmaceutiques GenSight et Pharnext, et le producteur d’énergie Enertime. A elle trois, elles ont collecté 75 millions. C’est ce qui fait la différence, par exemple, avec la Bourse de Hong Kong, où la banque postale chinoise entend lever 7 milliards de dollars à la rentrée.

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