La chronique de l'actualité

La Place de Paris joue sa carte après le Brexit

le 05/07/2016

Philippe Mudry

Tirer parti du Brexit en supplantant la City : l’unanimité sur ce thème, rare en France, lui permettra-t-elle de proposer un exil crédible aux financiers londoniens tentés par l’exil ?

C’est en tout cas l’espoir que la Place de Paris va marteler aujourd’hui et demain en tenant ses traditionnelles assises annuelles.

La nouveauté est que les décideurs politiques sont pour une fois à l’unisson.

Depuis le gouvernement, qui cherche fébrilement des idées séduisantes – et peu coûteuses – pour promouvoir sa Place, à la mairie de Paris en passant par la Région Ile de France.

Tous se souviennent enfin que la finance n’est pas une activité forcément maudite mais créatrice d’emplois très qualifiés et structurants pour un tissu économique.

Tous réalisent qu’ils ont de solides arguments à faire valoir :

-des infrastructures, comme La Défense ou le projet du Grand Paris, de taille suffisante pour ces gros consommateurs que sont les financiers ;

-des acteurs financiers de grande taille, banques, assureurs, gérants d’actifs, capital-investisseurs…

-des régulateurs de qualité, qui jouent collectifs et sont soucieux du dynamisme de leur Place.

Restent les points noirs, bien réels : des rigidités du droit social qui n’ont rien pour séduire et surtout une fiscale lourde, changeante et dissuasive.

C’est là sans doute l’écueil numéro un. François Hollande continue d’ailleurs de claironner sa passion pour la taxe sur les transactions financières.

Celle-ci est pourtant le remède souverain à toute tentation d’une institution financière à venir s’installer en France.

Il devrait réaliser qu’il n’est pas une métropole européenne, grande ou moyenne, qui ne se sente ces jours-ci des ambitions nouvelles dans la finance. 

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