La chronique de l'actualité

Les nuages s’amoncellent sur la City

le 30/06/2016

P.Mudry

Si la City souhaitait le maintien dans l’Union, le cœur financier du Royaume Uni et de l’Europe n’en doit pas moins faire face aux risques de délocalisation d’activités impliqués par le Brexit.

Or ils s’amoncellent à un rythme rapide.

Primo, l’Autorité bancaire européenne, le régulateur couvrant tous les acteurs du secteur et non seulement ceux de la zone euro, a annoncé qu’il ne pouvait plus rester à Londres.

Inutile de dire que les capitales désireuses de l’accueillir sont légions.

Paris et Francfort sont sur les rangs même si leur désignation paraît peu probable pour des raisons politiques.

Deuxio, la fusion entre les bourses de Londres et Francfort a du plomb dans l’aile.

D’abord la baisse du cours du London Stock Exchange et de la Livre ont déséquilibré ce qui était censé être un  rapprochement entre égaux.

Ensuite, le régulateur des marchés allemands, au vu des résultats du vote, a déclaré que la localisation du futur siège à Londres ne pouvait plus être d’actualité.

Tertio, c’est François Hollande en personne qui a mis le doigt sur un problème technique mais capital.

Si le Royaume Uni sort de l’Europe, il ne saurait être question que l’Union autorise que les transactions en euros soient finalisées, en jargon on dit « compensées », ailleurs que dans un de ses pays membres.

Or la compensation est cruciale pour nombre d’activités financières, notamment celles des dérivés, ces produits d’assurances sur valeurs mobilières qui sont au cœur de la finance moderne.

La perte de cette faculté, dans le cadre de la renégociation du fameux « passeport européen », serait dramatique pour la City.

Car elle pousserait les grandes banques américaines à chercher leur salut sous d’autres cieux européens.

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