La chronique de l'actualité

La Place de Paris affirme son opposition à la fusion boursière Londres-Francfort

le 31/05/2016

Philippe Mudry

A l’approche du référendum sur le Brexit, la Place de Paris ne cache plus son opposition à une opération promise à la City quel que soit le résultat du scrutin : la fusion des Bourses de Londres et  Francfort.

La perspective de voir s’ériger un mastodonte dix fois plus gros qu’Euronext ne l’a jamais séduite.

Sa volonté d’y résister s’affirme autour de deux critiques majeures : son caractère anti-concurrentiel ; son danger pour la stabilité financière.

La première, c’est à Bruxelles qu’il reviendra de la trancher.

Elle peut se résumer ainsi : la future bourse Londres-Francfort sera en situation de dominer de nombreux segments de marché, comme la cotation, les indices, ou la compensation, cette phase-clé de bouclage d’une transaction.

Traduisez le nouvel ensemble pourra facturer ses services à son gré.

A Paris personne n’a oublié qu’un projet d’union avec Francfort avait naguère été bloqué pour une puissance jugée excessive dans les dérivés, ces contrats d’assurance sur valeurs mobilières qui sont le gros moteur des marchés modernes.

Le second angle d’attaque, c’est le gouverneur de la Banque de France, aussi membre du conseil de la BCE, qui l’a défini hier.

François Villeroy de Galhau considère qu’une entité « trop grosse pour défaillir » pourrait être créée.

L’opération pourrait conduire à « affaiblir le niveau de protection » lié à la compensation des transactions en Europe.

Sa chute serait impossible à gérer à cause de sa position systémique dans cette activité.

L’argument est d’autant plus sérieux qu’il est sans doute partagé par la BCE elle-même.

Or celle-ci aura les moyens sinon de bloquer, au moins d’influer sur une opération jugée dangereuse pour le fonctionnement des marchés.

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