La chronique de l'actualité

Le monopole bancaire s’ébrèche

le 30/03/2016

Alexandre Garabedian

Le monopole des banques françaises sur le crédit est attaqué de toutes parts. Hier, c’est Emmanuel Macron qui a donné un nouveau coup de pouce à l’univers du financement participatif. Les entreprises qui ont recours aux plates-formes de crowdfunding pour lever du capital auprès des épargnants pourront désormais collecter jusqu’à 2,5 millions d’euros par projet, au lieu d’un million jusqu’à présent.

Ce n’est pas la première fois que le ministre de l’Economie ouvre une brèche dans le monopole bancaire. Sa loi Macron de 2015 autorise par exemple une entreprise à fournir un crédit de trésorerie à une autre société, en se passant totalement des banques. Un autre projet de réforme, poussé cette fois par la Commission européenne, doit se concrétiser en France dans les mois qui viennent. Il permettra à de grands investisseurs, comme des compagnies d’assurance, d’octroyer directement des prêts à des entreprises sans être obligés de transiter, comme aujourd’hui, par des banques.

Ces initiatives sont louables. Vont-elles bousculer pour autant les parts de marché des banques ? La puissance des acteurs traditionnels repose en effet sur la connaissance de l’historique des incidents de paiement des emprunteurs, et sur la capacité à traiter non pas quelques milliers, mais des millions de dossiers pendant toute la durée de vie d’un crédit. Pour aller au-delà des effets d’annonce, les nouveaux acteurs du financement devront maîtriser ces deux rouages essentiels : les risques et les systèmes informatiques. Ils sont encore loin du but.

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