La chronique de l'actualité

La Bourse de Londres objet de toutes les convoitises

le 02/03/2016

Philippe Mudry

Depuis que les bans de son mariage avec la Bourse de Francfort ont été jetés, la Bourse de Londres, le LSE, est l’objet de toutes les convoitises.

La Bourse américaine ICE a annoncé hier qu’elle pourrait lancer une contre-offre sur le LSE qui se trouve du coup consacré comme le pivot majeur de la consolidation mondiale.

Cette déclaration d’intérêt pourrait en susciter d’autres, notamment de l’autre grand marché américain, le CME.

Cette bataille probable a eu pour résultat de catapulter le cours du LSE à des niveaux stratosphériques.

Mais c’est le prix à payer pour profiter des formidables économies d’échelle résultant d’une concentration du secteur et de ses perspectives de croissance rentable et structurelle.

Pour être peu connus du grand public, les grandes places de marché figurent parmi les grands gagnants du mouvement de régulation qui a suivi la crise financière de 2008.

Celui-ci n’a pas concerné les marchés d’actions classiques.

Il a surtout visé à encadrer les marchés de produits dits dérivés, sortes de contrats d’assurances sur actifs financiers, allant des actions aux taux de change en passant par les taux d’intérêt.

Le contrôle de ces marchés de couverture de risque, et la maîtrise du processus de règlement et de livraison des transactions, est le grand moteur derrière la concentration en cours.

Ces activités sont aussi rentables qu’obscures et complexes, à tel point que d’autres acteurs, de régulation ceux-là, s’apprêtent à entrer en action.

Les autorités de la concurrence, mais aussi les banques centrales, entendent vérifier qu’une telle concentration des acteurs, pendant 30 milliards d’euros, ne signifie pas une concentration du risque menaçant la stabilité financière.

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