La chronique de l'actualité

Avant le Brexit, la Bourse de Londres s’arrime au continent

le 24/02/2016

Philippe Mudry

La coïncidence n’échappera à personne: alors que le Royaume Uni vient d’entrer dans une campagne qui décidera de son avenir en Europe, ont été annoncées des négociations de fusion de sa bourse nationale avec Deutsche Börse, première Bourse de la zone euro.

Le très europhile patron du London Stock Exchange, le français Xavier Rolet, aurait-il voulu rappeler aux Britanniques que la Grande Bretagne aura besoin de l’Europe quelle que soit l’issue du scrutin, qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

Le nouvel ensemble fusionné pèserait une trentaine de milliards d’euros en Bourse.

Il pourrait par sa taille rivaliser avec les plus grandes places américaines au asiatiques qui pèsent toutes près de 30 milliards de dollars.

Ce nouveau champion européen serait extrêmement rentable et surtout très bien positionné en termes de services.

Il serait incontournable sur l’explosif et très rentable marché des produits dérivés, sur celui lucratif du commerce des indices et sur celui, plus stratégique que jamais au sortir de la crise, de la compensation qui assure le règlement et la livraison des transactions.

Bref, il serait idéalement placé pour donner au projet européen d’Union des marchés de capitaux un acteur de tout premier plan mondial.

Le seul problème, vu du côté français, est que ce rapprochement – qui n’est pas encore finalisé – laisserait l’opérateur continental Euronext qui possède la Bourse de Paris, isolé face à un concurrent européen 10 fois plus gros que lui en Bourse.

Sa petite taille en ferait une proie toute désignée pour l’avenir, pour une bourse régulée ou un nouvel acteur des marchés surgi à la faveur des récents bouleversements réglementaires.

D’où le bond de 4,5% hier du cours d’Euronext.

A lire aussi