La chronique de l'actualité

Casino doit agir vite pour conserver la confiance des investisseurs

le 19/01/2016

Philippe Mudry

Il y avait jusqu’ici un bureau d’analyste agressif, Muddy Waters, qui par une note assassine a ouvert une guerre de communication sans merci à Casino.

Or le groupe de distribution est désormais menacé de voir, dans les trois mois, sa dette ravalée au rang de « junk bond » et de perdre ainsi la confiance des investisseurs.

On admirera une nouvelle fois l’opportunisme des agences de notation puisque Standard & Poor’s, c’est d’elle qu’il s’agit, a attendu que Muddy Waters passe à l’action pour mettre sous surveillance sa propre notation.

Elle l’avait pourtant confirmée en catégorie d’investissement avec une perspective stable il y a à peine un mois.

Mais tout le monde peut changer d’avis et relever une forte dégradation des résultats du groupe au Brésil et ses contraintes financières liées à son endettement et à sa structure complexe.

Casino et sa maison-mère Rallye, en chute de 8,5% et 7% hier, ont payé la note en Bourse. Tous deux ont perdu ¼ de leur valeur en un mois.

Casino insiste sur sa solidité financière immédiate et sur le fait que sa valeur boursière n’a pas d’incidence sur celle-ci.

Mais le groupe n’en doit pas moins précipiter son désendettement s’il veut éviter une dégradation en junk bond qui lui coûterait plus de 100 millions d’euros par an de frais financiers supplémentaires.

D’abord fixé à deux milliards d’euros, le plan de désendettement du distributeur vient d’être porté à 4, sur une dette totale de 7,5.

Dégager du cash est une nécessité pressante pour muscler le bilan de Casino et aussi pour faire remonter un dividende à Rallye qui porte de son côté une dette supérieure à 2,5 milliard.

Pour Jean-Charles Naouri, les prochains mois auront tout d’une course contre la montre.

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