Les taux américains continuent leur ascension

le 26/10/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des indicateurs économiques meilleurs et la perspective d’un vaste plan de relance creusent davantage le fossé avec les rendements souverains européens.

La Federal Reserve (Fed) à Washington
La repentification de la courbe des taux américaine est bienvenue pour la Fed.
(Crédit Fed.)

La hausse des taux longs américains s’amplifie. Le rendement des Treasuries à 10 ans s’est tendu de 10 points de base (pb) la semaine dernière, dépassant la barre des 0,8%, à 0,86%. Il progresse désormais de plus de 15 pb depuis début octobre. Cette repentification de la courbe, bienvenue pour la Fed, traduit le pari de reflation sur le marché américain. «Aux Etats-Unis, la combinaison de données économiques favorables et de la perspective d’un nouveau stimulus budgétaire contribue à repentifier la courbe», expliquent les stratégistes taux d’ING. Dernier indicateur en date, l’indice PMI composite a atteint un plus haut de vingt mois. Bien sûr le nombre de chômeurs permanents reste historiquement élevé et l’enquête PMI montre un affaiblissement des commandes, sans doute en raison de la résurgence du Covid-19 et avant la présidentielle. Mais les investisseurs préfèrent parier sur l’effet positif d’un nouveau plan de relance en cas de victoire de Joe Biden, y compris au Sénat.

«Le contraste entre les Etats-Unis et l’Europe continue de grandir», poursuivent ces stratégistes. Et ce en raison de la confirmation d’une deuxième vague de Covid-19 de ce côté-ci de l’Atlantique obligeant les gouvernements à décider de nouveaux confinements, partiels ou totaux. «La mesure des écarts de taux d’intérêt montre le changement de régime entre l’Allemagne et les Etats-Unis depuis le début du mois d’octobre», note Philippe Waechter, économiste chez Ostrum AM. Même l’écart entre les taux américains et les taux moyens dans la zone euro, qui était resté stable en raison de la convergence vers les taux allemands, s’est élargi ces derniers jours en raison des tensions sur les dettes périphériques. «Ce changement de régime tient aux perspectives d’impact de l’épidémie sur la conjoncture mais aussi sur les politiques économiques, budgétaire et monétaire», ajoute Philippe Waechter.

Les taux allemands se sont également légèrement tendus, en partie dans le sillage des taux américains mais probablement en raison de l’afflux d’émissions souveraines la semaine passée en zone euro avec notamment les 17 milliards émis par l’Union européenne. Malgré tout, les taux européens restent à des niveaux bas ce qui les rend vulnérables à ce que les stratégistes appellent un «vaccine moment» : «Cet événement pourrait provoquer une correction sur les marchés de taux. Ce moment, qui arrivera probablement un jour dans les prochains mois, offrirait une sortie du paysage troublé du Covid-19. C’est en partie pris en compte mais pas totalement». Et pas dans le cas de l’Europe.

Sur le même sujet

A lire aussi