En Europe, l’industrie du LBO peine à rebondir

le 09/10/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon Preqin, la valeur des transactions enregistrées sur le Vieux Continent n’a été que de 19 milliards d’euros au cours du troisième trimestre 2020.

rebond de l’industrie européenne du LBO
Le rebond de l’industrie européenne du LBO s’avère plutôt discret .
(Crédit Fotolia.)

L’Europe va-t-elle retrouver le dynamisme qui était le sien en matière de LBO ? En épluchant la dernière étude trimestrielle de Preqin, une réponse pour le moins prudente semble de rigueur. Seuls 19 milliards de dollars de transactions de buy-out ont été recensées au cours du troisième trimestre, soit 16 milliards de moins que l’an passé à la même période. Une piètre performance qui intervient à la suite d’un deuxième trimestre 2020 cataclysmique, où 8 milliards de transactions ont été menées à bien. En nombre d’opérations, la dégringolade est cependant moins prononcée. Le Vieux Continent a été la scène de 364 LBO au cours des trois derniers mois, soit une baisse de près de 25% par rapport au troisième trimestre de 2019… et une légère hausse de 12% si l’on se réfère au deuxième trimestre 2020. Le rebond de l’industrie européenne du LBO est donc discret et s’avère sans équivoque avec le buy-out market nord-américain.

Outre-Atlantique, la crise sanitaire est en effet totalement effacée. Après avoir vu la valeur des transactions passer de 57 à 23 milliards de dollars entre le premier et le deuxième trimestre, la partie nord du continent américain a fortement rebondi à 62 milliards. Une performance qui n’avait pas été réalisée depuis le premier trimestre 2019 et dont l’explication réside essentiellement dans la multiplication des opérations large cap. Contrairement à l’Europe, les incertitudes quant à une sortie de crise rapide n’ont donc pas entamé le dynamisme du marché nord-américain.

Fly-to-quality

Mais les investisseurs veulent croire au redémarrage de l’Europe. Selon un sondage mené par le même institut au cours de ce troisième trimestre, 56% des LP interrogés témoignent vouloir investir dans des fonds levés par les gérants du continent, soit 11 points de pourcentage de plus qu’il y a un an. En période d’incertitude conjoncturelle, l’Europe rassure, au même titre que l’Amérique du Nord, avec 53% d’intentions d’investissement. Un «fly-to-quality» dont pâtissent les autres blocs, à l’exception de l’Asie qui se maintient à 34%.

Eu égard à l’intérêt toujours plus marqué pour les marchés les plus matures du private equity, le stock de dry powder (poudre sèche) pourrait donc continuer à croître. En mars, il avait atteint un record absolu, à environ 1.500 milliards de dollars. De quoi faire le bonheur des plus grands gérants : les véhicules cherchant à réunir plus de 1 milliard de dollars, qui ne représentent pourtant que 5% des fonds actuellement en levée, ont accumulé 53% des engagements totaux.

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