Hong Kong relance la concentration des Bourses en visant le LSE

le 11/09/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

Hong-Kong, quartier des affaires district financier, Exchange Square
(District financier de Hong-Kong. Photo UE/European Commission.)

La Bourse de Hong Kong relance le mouvement de concentration des plates-formes de marchés. Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEC) a révélé ce matin avoir proposé une fusion avec le London Stock Exchange (LSE). L'opérateur asiatique précise que cette proposition ne constitue pas une offre ferme. Il a désormais 28 jours pour en formuler une ou renoncer à ce projet.

HKEC explique que sa proposition, comprenant une part en numéraire et une part en actions HKEC, valoriserait le LSE à 29,6 milliards de livres, contre une capitalisation boursière de 23,8 milliards hier soir. Cela représente une prime de 22,4% par rapport au cours moyen du LSE pondéré par les volumes depuis le 29 juillet, indique HKEC. La valeur d'entreprise du LSE ressortirait à 31,6 milliards de livres. Le nouveau groupe serait coté à Hong Kong, avec une cotation secondaire à Londres. L'ensemble capitaliserait environ 68 milliards de dollars US, soit plus que la capitalisation de 50 milliards d'Intercontinental Exchange (ICE), le propriétaire du New York Stock Exchange.

La proposition de HKEC est conditionnelle et soumise, outre les autorisations usuelles des autorités de la concurrence et des actionnaires, à l'abandon du projet d'achat de Refinitiv par le LSE, opération de 15 milliards de dollars annoncée fin juillet.

A l'annonce de la proposition de la Bourse de Hong Kong, le cours du LSE a bondi de plus de 15%, avant d'effacer rapidement une bonne partie de ses gains.

Dans un communiqué, le LSE a confirmé avoir reçu cette proposition «non sollicitée» et soumise à d'«importantes conditions». La Bourse de Londres indique que son conseil d'administration examinera ce projet et fera d'autres annonces le moment venu. Elle précise être toujours engagée à conclure le projet d'acquisition de Refinitiv.

Selon un document de présentation adressé aux investisseurs, HKEC explique que cette fusion permettrait de «créer un groupe d'infrastructure de marché de premier plan avec une présence mondiale, reliant les places financières de l'Ouest et les marchés émergents de l'Est, en particulier en Chine» et renforcerait «la position de Hong Kong comme porte d'entrée entre la Chine continentale et le reste du monde». Le groupe asiatique ajoute que «les deux activités sont très complémentaires et leur combinaison offrirait des perspectives de synergies importantes». Le montant de ces synergies n'est pas chiffré.

Même si Hong Kong bénéficie d'un statut d'administration spéciale vis-à-vis de Pékin, son projet de fusion avec le LSE ne manquerait pas de soulever des questions politiques et réglementaires au Royaume-Uni. Encore plus dans le contexte de tensions actuel à Hong Kong. HKEC assure que la gouvernance du groupe fusionné répondrait aux standards britanniques.

Sur le même sujet

A lire aussi