Les taux d’intérêts bas font converger épargne et investissement

le 27/08/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La désépargne publique diminue le taux d’épargne tandis que le déficit fédéral américain nourrit les investissements.

épargne / investissement
Les taux de l’épargne et de l’investissement se resserrent de plus en plus.
(Pixabay)

La situation peut sembler ironique. Alors que les incertitudes soufflent un vent de méfiance sur l’activité économique, taux de l’épargne mondiale et taux d’investissement se resserrent de plus en plus. L’excès mondial d’épargne, mesuré par l’écart entre les deux taux, est en effet estimé à 0,1% pour l’année 2020 alors qu’il était encore autour des 0,5% en 2018. Si l’on pourrait y voir le fruit d’un réajustement des flux entre épargne et investissement rendu possible par des taux d’intérêts en baisse, c’est aussi du côté de l’épargne publique qu’il faut aller chercher les raisons de cette diminution.

Dans une note intitulée «Vers une disparition de l’excès mondial d’épargne ?», les économistes d’Aurel bgc soulignent que la baisse des taux d’intérêts, justifiée par une épargne supérieure aux investissements, pourrait contribuer à soutenir la tendance. Toutefois, au vu de l’endettement des ménages et de la baisse des rendements productifs de l’épargne incitant à épargner plus pour avoir autant, l’investissement est encore poussif. Pourtant, il s’est tout de même redressé, notamment sous l'effet de la dépense publique : «ce mouvement pourrait résulter en partie de la diminution de l’intensité des ajustements budgétaires en Europe, voire en 2018 du creusement important du déficit fédéral américain.»  Ce creusement joue aussi sur le taux de l’épargne mondiale qui est attendu en baisse en 2020. Les mouvements de désépargne publique, notamment en Europe, expliquent l’évolution.

Mais alors, ce rééquilibrage ne devrait-il pas faire baisser les taux d’intérêts ? Non, à en croire les économistes d’Aurel bgc qui soulignent que cela ne s’est pas vu dans le passé. Par ailleurs, «si l’on fait abstraction de la volatilité de l’inflation, ils (les taux d’intérêts) suivent en effet la même pente que les taux nominaux depuis 35 ans», eux-mêmes en chute libre. Seule une hausse tendancielle de l’inflation et «une réelle amélioration des perspectives globales» pourraient faire remonter les rendements obligataires. Peu probable à l’heure actuelle d’autant plus que «l’amélioration du climat économique passe par la dissipation de l’incertitude générée par la politique commerciale impulsée par Trump (…) alors que les causes de la faiblesse de l’inflation sont en partie structurelles».

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