Rothschild domine d’une courte tête le marché français du M&A

le 01/07/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur un marché ralenti, la banque se distingue plus par le nombre d’opérations que par sa présence sur les opérations majeures.

Rothschild domine d’une courte tête le marché français du M&A
La banque de l’avenue de Messine a conseillé un nombre impressionnant d’opérations.
(Photo Bloomberg.)

Leader haut la main du marché français des fusions-acquisitions en 2018, Rothschild & Co a maintenu son rang au premier semestre 2019 dans le classement exclusif de L’Agefi des conseils M&A pour les opérations bouclées entre le 1er janvier et le 30 juin impliquant une partie française. Mais son avance s’est réduite. Avec 18,1 milliards d’euros d’opérations conseillées, la banque de l’avenue de Messine n’affiche «que» 1,7 milliard de plus que son rival historique, Lazard. Elle a avant tout compté sur sa capacité à conseiller un nombre impressionnant d’opérations, 46 sur la période, plus que sur des mandats sur les plus importantes opérations du semestre. Elle était absente de la prise de contrôle de l’aéroport de Gatwick par Vinci pour une valeur d’entreprise de plus de 9 milliards d’euros, et de l’acquisition de TAG au Brésil par Engie et CDPQ (7,7 milliards).

Les chiffres de Rothschild, qui totalisait 66 milliards d’euros et 29 opérations au premier semestre 2018, sont révélateurs d’un marché français, et mondial, du M&A en repli marqué. A l’échelle globale, les volumes de transactions annoncées ont reculé de 8% sur un an, d’après les données préliminaires de Dealogic à fin juin. Cette baisse atteint 41% en Europe, 31% en France. Seuls les Etats-Unis gardent le rythme, avec 10% de progression, grâce à plusieurs méga-transactions entre groupes américains.

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, les incertitudes entourant le Brexit, les tensions en Iran et les anticipations de fin de cycle ont provoqué un attentisme généralisé des acteurs économiques. Les grandes opérations transfrontalières qui rythmaient les années précédentes ont laissé place aux transactions domestiques, en hausse de 27% rien qu’aux Etats-Unis.

A contre-courant, de nombreux groupes français ont poursuivi les grandes manœuvres à l’étranger, à l’instar de Publicis à l’assaut d’Epsilon aux Etats-Unis pour 4,4 milliards de dollars, de Dassault Systèmes avec Medidata (5,8 milliards) ou de LVMH sur Belmond au Royaume-Uni (2,8 milliards).

Les banques d’envergure mondiale ont logiquement profité de ces opérations transfrontières, Citi raflant la troisième place du classement, suivie de Barclays, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley. Première banque française, CA CIB se classe huitième.

ZOOM
(Illustration L’Agefi.)

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