Les small caps luttent contre un puissant courant

le 11/06/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré des valorisations redevenues attractives, le CAC Mid & Small n'a pas récupéré de sa chute de fin 2018. Les retraits des fonds spécialisés restent forts.

cotations sur le marché
La correction de fin 2018 a potentiellement créé des opportunités d'investissement.
(Fotolia)

Plus sévèrement sanctionnées que les grandes capitalisations lors de la correction du dernier trimestre 2018, les small caps peinent à se remettre de ce moment douloureux. L’indice CAC Mid & Small a certes gagné 11,2% depuis le début de l’année, soit légèrement moins que le CAC 40 (+13,3%). Mais, à la différence de son grand frère, quasiment revenu à son niveau d’avant la correction du dernier trimestre 2018, le Mid & Small reste encore près de 10% en dessous de ses cours de septembre dernier.

«Les volumes ont quasiment été divisés par deux par rapport à l'an dernier, ce qui tend à montrer que le rebond des indices reste fragile», explique Jérémy Garnier, responsable de la recherche NextCap chez Oddo BHF. Les small caps pâtissent notamment de la décollecte subie par les fonds spécialisés depuis près d’un an. Selon les données de Morningstar, les 90 fonds small et mid caps français ont encore enregistré 800 millions de retraits depuis le 1er janvier, après plus de 660 millions l’an dernier.

Marché en manque
de liquidités

Le faible nombre d'IPO sur ce segment (une seule cette année : Arcure) et la réglementation n’ont pas aidé à l'animation du marché. «Mifid 2 a réduit le suivi sur ce type de valeurs», reconnaît Jérémy Garnier. D’où, selon lui, l’utilité encore plus forte du forum small caps organisé la semaine dernière à Paris par Oddo BHF. Pour cette huitième édition, 44 émetteurs, dont 8 allemands, d’une capitalisation inférieure à 500 millions d’euros, ont rencontré une centaine d’investisseurs, avec au total plus de 500 tête-à-tête. «Cela démontre que les small caps suscitent toujours de l’intérêt», souligne Jérémy Garnier, qui rappelle qu’«Oddo BHF continue d'investir sur ce segment et compte augmenter son univers de suivi», actuellement composé d’une quarantaine de sociétés.

Même si les gérants espèrent toujours dénicher la nouvelle pépite, la prudence prédomine du fait des retraits et du manque de liquidité de ce marché. Pourtant, la correction de fin 2018 a potentiellement créé des opportunités d'investissement. «Après cinq années d'euphorie, les valorisations sont revenues sur des niveaux plus sains bien qu’encore légèrement supérieurs à leur moyenne historique», indique Jérémy Garnier. La ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation (Ebit) du CAC Small à 12 mois s’élève à 9,7 actuellement, indique Oddo BHF, contre une moyenne historique de 9,1 fois et un pic à 12 fois il y a un an.

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