Bras de fer en perspective sur le futur plan Juncker

le 10/08/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BEI est furieuse d’avoir été reléguée à un rôle plus marginal dans le projet InvestEU. Elle est soutenue par les plus petits Etats de l’UE, également sceptiques quant à l’architecture proposée.

Werner Hoyer, président de la BEI et Jean-Claude Juncker, président de la CE, lors de leur conférence de presse du 18 juillet 2018.
Werner Hoyer, président de la BEI et Jean-Claude Juncker, président de la CE, lors de leur conférence de presse du 18 juillet 2018.
(© EU EC Etienne Ansotte)

A la rentrée, la Banque européenne d’investissement (BEI) repartira au front. Objectif : convaincre les institutions européennes de lui donner une place centrale dans le dispositif InvestEU, le programme qui doit prendre la suite du célèbre Plan Juncker d’investissement après 2020.

La banque de l’Union européenne (UE) est en effet mécontente de la structure proposée par la Commission européenne en juin dernier. Contrairement au plan Juncker, où elle était au centre de la mécanique, elle serait réduite au rôle de partenaire finançant certains des projets. La sélection de ces derniers serait assurée par la Commission européenne, qui déléguerait le financement à quelques partenaires financiers - la BEI, mais aussi la Banque européenne de reconstruction et de développement, la Banque du Conseil de l’Europe, et les banques de développement nationales.

Pour la BEI, c’est un revers : même si elle conserve un rôle prépondérant (elle obtiendra de toute façon la majorité des projets), elle se voit placée dans un rôle beaucoup plus secondaire qu’avec le plan Juncker. Une mauvaise nouvelle, surtout au moment où la Banque se débat pour surmonter les conséquences du Brexit, qui pourrait la forcer à diminuer son activité.

Mais la BEI ne sera pas seule dans son combat : les premiers débats autours du projet ont en effet fait émerger des préoccupations de plusieurs petits Etats. Ces derniers craignent que leurs banques nationales de développement ne soient pas en mesure de concurrencer les grandes structures comme la Caisse des dépôts et consignations française ou la KfW alllemande. Les conditions qui sont imposées aux banques nationales pour participer à InvestEU sont en effet conséquentes : travailler au sein de groupements couvrant au moins trois pays différents, et avoir passé avec succès un test de la Commission visant à vérifier «la conformité des opérations proposées avec la législation et les politiques de l’UE».

«25% des projets du plan Juncker ont été faits en coopération avec les banques de développement nationales. Ces banques, surtout les plus petites, sont très intéressées pour continuer leur collaboration avec la BEI», commentait le président de la BEI Werner Hoyer en juillet, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec Jean-Claude Juncker : «Nous n’avons pas peur de la compétition».

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