Les midcaps animent le marché des convertibles

le 07/03/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nexity et Econocom sont récemment venus sur ce marché pour préempter des taux encore intéressants.

Nexity
Le français Nexity, non noté, a levé 200 millions d’euros en Ornane à 0,25% sur 7 ans.
(DR.)

Une fois passée la période de silence réglementaire imposée par la publication des résultats annuels 2017, le marché des obligations convertibles reprend son activité en Europe. Ces derniers jours, quatre émetteurs ont profité d’une fenêtre de tir favorable : l’autrichien AMS (coté à Zurich), l’espagnol Ence, ainsi que les français Nexity et Econocom. Ces deux derniers émetteurs présentent la particularité de ne pas être notés. «Pour des sociétés non notées, en donnant notamment accès à un large bassin d’investisseurs autres que ceux accessibles via les produits obligataires purs, les convertibles permettent de s’approcher d’un financement à coupon zéro, des conditions qu’elles ne pourraient pas obtenir sur le marché de la dette senior non notée ou privée», explique Frédéric Catelon, managing director de la division global capital markets chez SG CIB.

Econocom a ainsi levé 200 millions d’euros d’obligations convertibles et/ou échangeables en actions nouvelles et/ou existantes (Oceane), à 5 ans, à un taux de 0,5%. Pour le même montant, mais sous la forme d’obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes (Ornane), Nexity a obtenu un taux de 0,25% avec une maturité de 7 ans.

Gérer la dilution
potentielle

L’autrichien AMS a même obtenu de son côté un rendement négatif. «Aujourd’hui, les obligations convertibles offrent la possibilité aux émetteurs de préempter des taux d’intérêt à des niveaux encore très intéressants», appuie Thomas Feuerstein, responsable mondial de l’origination des produits equity-linked chez SG CIB.

Econocom et Nexity n’en sont pas à leur coup d’essai. Il s’agissait de leur troisième émission de titres dits equity linked car donnant potentiellement accès à du capital en cas de remboursement en actions des obligations arrivées à maturité. Les deux groupes sont donc habitués à gérer ce type de produits et la dilution potentielle qui va avec, même si un refinancement des obligations ou un rachat au fil de l’eau de celles-ci permet de supprimer ou de réduire l’effet dilutif.

Proches, Oceane et Ornane présentent toutefois des particularités, explique Thomas Feuerstein : «par rapport à l’Oceane, l’Ornane offre plus de souplesse pour la gestion de la dilution. Mais elle présente un désavantage relatif car, dans le cas d’une Ornane la comptabilisation doit être faite en valeur de marché», ce qui impose quelques contraintes en matière de communication financière.

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