Eric Lombard prend officiellement les rênes de la CDC

le 17/11/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Elysée a confirmé proposer l'ex-patron de Generali France à la tête de l'institution. Le cas de Gilles Le Gendre, président de la commission de surveillance, est en suspens.

La Caisse des dépôts
La Caisse des dépôts
(Pierre Chiquelin)

Après trois mois pendant lesquels il a effectué son propre intérim, Pierre-René Lemas a officiellement un remplaçant à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) : ce sera bien Eric Lombard. L’Elysée a annoncé ce jeudi par communiqué qu’Emmanuel Macron «en accord avec le Premier ministre Édouard Philippe (…) envisage de nommer Eric Lombard en qualité de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, sur proposition du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.»

La formule renvoie à la consultation, prévue par la Constitution, des commissions des Finances des deux assemblées. Mais il ne fait pas de doute qu’elles avaliseront ce choix. Si celle du Sénat s’y opposait, celle de l’Assemblée nationale, où les députés La République en Marche (LREM) sont majoritaires, aurait le dernier mot.

Ni énarque,
ni haut fonctionnaire

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAVP) n’a pas décelé de conflit d’intérêts potentiel entre le cursus précédent d’Eric Lombard et des fonctions de directeur général de la CDC. Elle évaluera en revanche si les conseils que le président de la commission de surveillance de la Caisse, le député LREM Gilles Le Gendre, a donnés par le passé à Generali France, dont Eric Lombard était le patron jusqu’au printemps, sont compatibles avec ses fonctions. Pour ce faire, la HAVP a été saisie, comme l’a annoncé la Caisse des dépôts.

«Dans l’hypothèse où l’incompatibilité serait déclarée, Gilles Le Gendre démissionnerait de ses fonctions et un nouveau président de la commission de surveillance serait élu», indique le communiqué.

Ancien patron de Generali France, Eric Lombard tranche avec ses prédécesseurs à la tête de la Caisse en ce qu’il n’est ni énarque ni haut fonctionnaire, mais il connaît la machine de l’Etat pour avoir travaillé en cabinet ministériel, notamment avec Michel Sapin, à la justice puis à Bercy, en 1992, après avoir été banquier chez Paribas. Il s’est ensuite illustré surtout dans l’assurance, à la tête de BNP Paribas Cardif puis de Generali France, qu’il a dirigé d’octobre 2013 à mai 2017, d’abord en tant que DG, puis cumulant ces fonctions avec celle de président à la suite du départ de Claude Tendil. De nombreux dossiers l'attendent à la CDC, dont celui de CNP.

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