La réforme de la CSG simplifie l’équation budgétaire pour 2018

le 25/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le basculement des cotisations maladie et chômage sur la CSG rapporterait près de 5 milliards aux finances publiques en 2018.

La réforme de la CSG simplifie l’équation budgétaire pour 2018
Ces 5 milliards correspondent à ce qui aurait été économisé par Bercy si les réformes de l’ISF et de la taxe d’habitation avaient été reportées à 2019.
(Pierre Chiquelin)

Par les voix d’Edouard Philippe et de Gérald Darmanin, le gouvernement a annoncé hier une baisse des cotisations sociales des salariés de 2,2 points le 1er janvier 2018. Contrairement à ce qui avait été promis pendant la campagne électorale, les cotisations maladie et chômage à la charge des salariés (3,15% du salaire brut au total) ne seront donc pas supprimées totalement le 1er janvier, avec pour contrepartie partielle la hausse de la CSG (+1,7 point). Il faudra attendre septembre ou octobre 2018 pour bénéficier de ces 3,15 points de baisse. En janvier, salariés et indépendants verront bien un gain sur leur fiche de paie, mais il sera modeste. Pour un salarié, la hausse de pouvoir d’achat représentera 0,5% du salaire brut, compte tenu du relèvement de la CSG. Aucune perte de salaire net ne sera enregistrée, comme avaient pu le craindre certains élus après l’annonce d’un report d’une partie de la baisse des cotisations à l’automne 2018. Fin 2018, le gain atteindra 1,45% du salaire brut.

Si les actifs auront moins que prévu, les finances publiques seront clairement gagnantes en 2018. Telle qu’elle se configure actuellement, l’opération de basculement des cotisations sur la CSG, censée à l’origine être neutre pour les comptes publics, sera en fait synonyme de prélèvements obligatoires – temporairement – en hausse, permettant de contenir le déficit sous les 3 % du PIB. Au total, dans l’hypothèse d’un report du solde de la baisse des cotisations au 1er octobre, Bercy engrangerait environ 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2018. Cela représente plus de 0,2 point de PIB. Ces 5 milliards issus de l’opération CSG correspondent à ce qui aurait été économisé par Bercy si les réformes de l’ISF et de la taxe d’habitation avaient été reportées à 2019, comme prévu début juillet. Du point de vue de Bercy, il s’agirait donc de reboucher le trou creusé par Emmanuel Macron en refusant ce report.

La hausse de la CSG représentera en année pleine près de 22 milliards et la baisse des cotisations sur l’ensemble des actifs un montant équivalent. Si l’opération est positive pour les comptes publics en 2018, en raison du report de 0,95 point de baisse des cotisations, elle sera neutre en 2019. Il faudra alors trouver les milliards manquants. Rue de Bercy, on a l’habitude de repousser les échéances…

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