Le marché européen du high yield s’américanise

le 07/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La part des groupes américains dans les émissions en euro ne cesse de progresser. Ils viennent notamment chercher des coupons meilleur marché.

Le marché européen du high yield s’américanise
Le high yield européen voit affluer les émetteurs américains.
(Crédit Fotolia.)

Le marché européen du high yield prend de plus en plus l’accent américain. Selon une récente étude de BoA Merrill Lynch, depuis le début de l’année, les entreprises américaines ont représenté 19% des émissions d’obligations à haut rendement libellées en euros, devançant leurs homologues françaises (15%) et italiennes (10%), les deux principales animatrices du high yield ces dernières années.

Particulièrement marquée cette année, cette américanisation du marché européen a en réalité débuté en 2015. Depuis fin 2014, la part de marché des groupes américains dans les émissions à haut rendement en euros est passée de 2% à 10%, à 27 milliards d’euros. Ils font désormais jeu égal avec les entreprises britanniques. «Si ce rythme se poursuit, les émetteurs américains pourraient se retrouver au coude à coude avec les groupes français et italiens», estime BoA Merrill Lynch. Cette année, l’Italie représente 19% du marché et la France 12%.

Concurrence des loans

Le high yield européen suit la tendance également observée ces dernières années sur le marché investment grade, les émetteurs américains venant y chercher des coupons meilleur marché ainsi que des ressources financières destinées à couvrir leurs opérations dans la monnaie unique. BoA Merrill Lynch ajoute que les groupes américains profitent aussi favorablement de la demande inassouvie des investisseurs high yield en euro, l’offre des émetteurs européens ne suffisant pas à mettre au travail l’intégralité de leurs ressources. Résultat, sur les onze groupes américains ayant émis en euro depuis le début de l’année, sept réalisaient leur émission inaugurale.

L’afflux d’émetteurs américains sur le marché high yield en euro «constitue un bon renfort», appuie BoA Merrill Lynch. Cette liquidité supplémentaire compense une partie de l’asséchement du marché en euro, notamment dans la catégorie B, l’amélioration de la situation financière des entreprises européennes ayant tendance à augmenter leur taux de promotion en investment grade. Les analystes soulignent également la concurrence revigorée du marché des prêts. Récemment Techem et Thom Europe ont par exemple annoncé des refinancements d’obligations high yield via l’émission d’un nouveau loan.

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