Amundi offre une seconde vie à CEA Investissement

le 29/03/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant de la gestion et le Commissariat à l’énergie atomique créent Supernova Invest, qui gérera un fonds de capital-risque de 50 millions d’euros pour le Crédit Agricole.

puce sur wafer- nanotechnologie CEA
La coentreprise entre le CEA et Amundi se concentrera sur la «deep tech».
(crédit P. Avavian/CEA.)

Amundi fait coup double. La société de gestion se dote d’une filiale de capital-risque et décroche ainsi le mandat de gestion d’un des deux fonds d’innovation de 50 millions d’euros dévoilés la semaine dernière par le Crédit Agricole, sa maison mère. Le numéro un européen de la gestion d’actifs a annoncé hier la création d’une coentreprise avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), baptisée Supernova Invest.

Détenue à 40% par Amundi, à 40% par le CEA et à 20% par l'équipe, elle reprend les fonds actuels de la société CEA Investissement et gérera de nouveaux fonds de capital-risque pour compte de tiers, notamment le fonds Crédit Agricole Innovations et Territoires.

Cet attelage inédit répond à des manques identifiés chez les deux partenaires. Au sein de son pôle d'actifs réels et alternatifs, Amundi retrouve une expertise dans le capital-innovation, dont il avait été privé par la vente de Crédit Agricole Private Equity en 2012. De son côté, le CEA répond à une «obligation réglementaire», explique l’administrateur général adjoint Christophe Gégout, également président de CEA Investissement. Cette structure devait décrocher un agrément de société de gestion après avoir lancé un fonds d’amorçage en 2013, grâce au soutien de Bpifrance. Problème, l’Autorité des marchés financiers refusait d’accorder ce sésame à une filiale à 100% d’un établissement public, susceptible d’interférer dans les décisions de gestion. «Nous voulions aussi aller chercher de l’argent à l’extérieur», ajoute Christophe Gégout, sachant que les ressources du CEA dépendent de l’Etat et des capacités de ses principaux clients, EDF et Areva, actuellement sous tension. Pour trouver des «relais de croissance», les missions de l’établissement ont été étendues en 2016 au «soutien de la réindustrialisation» de la France.

Le partenariat entre, d’une part, le spécialiste des «deep techs» via des spin-off industriels et l’émancipation d’équipes de recherche et, d’autre part, l’écosystème de la banque verte, s’est noué à Grenoble. CEA Investissement y est installé sur le même site que le futur «Village» de start-up du Crédit Agricole Sud Rhône Alpes.

Supernova Invest démarrera avec une dizaine de collaborateurs emmenés par Régis Saleur. Elle gérera 230 millions d’euros, en incluant un fonds de 70 millions qui sera bientôt annoncé. La coentreprise vise un milliard d'encours sous trois ans, en se concentrant sur la «deep tech» pour se démarquer des fonds spécialistes du numérique.  

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