«EnterNext proposera cette année d’autres services, développés en interne ou acquis»

le 07/03/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Eric Forest, PDG d’EnterNext, revient pour L’Agefi sur ses offres pour dynamiser le marché des PME et ETI.

«EnterNext proposera cette année d’autres services, développés en interne ou acquis»
Eric Forest, PDG d’EnterNext.
(Photo DR.)

L'Agefi : Quelles sont vos perspectives pour 2017 après une année 2016 en demi-teinte?

Eric Forest : Déjà trois sociétés ont rejoint la cote parisienne depuis le début de l’année. Si les opérations se sont réalisées plutôt en bas de fourchette, l’enjeu n’est pas dans le prix d’introduction mais dans le parcours boursier ensuite. Aujourd’hui, notre pipeline contient davantage de midcaps, tant technologiques qu’industrielles.

A Paris, l’exercice 2016 a été contrasté. Si seulement 17 sociétés se sont introduites en Bourse sur le périmètre EnterNext (compartiments B et C, et Alternext) contre 28 en 2015, les levées de fonds ont progressé de 676 millions d’euros à 883 millions en 2016. Avec les émissions secondaires et obligataires, plus de 4,6 milliards d’euros ont été levés l’an dernier, contre 4,2 milliards en 2015. Un signe encourageant.

Le nombre important de sorties de cote ne vous inquiète-t-il pas?

Non ! Si 20 sociétés ont abandonné leur cotation l’an dernier (dont 8 «vraies» sorties hors M&A ou faillite), ce chiffre est l’un des plus bas de ces dernières années. En 2012, la place parisienne avait enregistré 38 départs pour seulement 15 arrivées. L’an dernier, nous avons perdu 3 sociétés cotées en net, mais depuis la création d’EnterNext en 2013, le flux est positif. La sortie de cote fait partie de la vie normale du marché et évite qu’il ne se sclérose.

EnterNext va-t-il poursuivre son activité de conseil en IPO?

Après le succès de l’entrée en Bourse de Horizontal Software en décembre dernier, nous avons gagné un deuxième mandat. Si cette première opération a suscité quelques interrogations, le climat semble s’être apaisé. Cette offre est un accompagnement des entreprises, nous arrivons en complément des banques conseil, avocats, listing sponsor… dans le cadre d’un appel d’offres. Les entreprises sont en demande et personne ne les oblige à signer un mandat. Par ailleurs, nous accompagnons une douzaine d’émetteurs en post-listing. Nous les aidons à optimiser le marketing de leur titre, grâce notamment à nos outils de base de données, mais ne nous substituons pas à la communication financière. Après avoir rencontré listing sponsors et agences de communication pour désamorcer leurs appréhensions, j’ai le sentiment que notre rôle de sparring-partner est mieux compris. Nous jouons chacun un rôle complémentaire.

Prévoyez-vous de développer d’autres activités de conseil?

Nous voulons continuer à développer des outils et services pour nos clients, comme l’illustre la récente prise de participation dans Company Webcast. Nous communiquerons dans l’année sur d’autres services, soit développés en interne, soit acquis. Cette année également, après la France, nous déploierons nos services Pre et Post Listing sur les autres marchés d’Euronext.

Quels sont les résultats de votre programme TechShare?

Grâce à ce programme aidant les entreprises à comprendre le rôle et le fonctionnement des marchés financiers et à mûrir leur décision d’entrée en Bourse, Osmozis, l’une des 29 sociétés de la première promotion de 2015/2016, vient de se coter. Deux autres sociétés de cette promotion préparent leur IPO. Ce programme, qui compte 47 entreprises cette année pour la deuxième promotion, favorise le partage d’expérience entre ces jeunes sociétés, toutes confrontées aux mêmes problématiques.

Allez-vous dupliquer ce système pour le programme FamilyShare?

Non. Les besoins des entreprises familiales sont différents. Nous sommes dans une logique de formation individuelle et sur-mesure, et non collective, qui s’adresse aux dirigeants, mais aussi aux familles propriétaires et aux futures générations, et qui pourra aussi traiter de transmission d’entreprise. Nous ne sommes pas seulement dans une logique de promotion de l’introduction en Bourse. Nous pouvons, par exemple, conseiller à ces sociétés d’avoir recours à un financement obligataire, sans pour autant se coter.

Après TechShare, FamilyShare, que va annoncer EnterNext?

Nous travaillons déjà sur d’autres groupes d’entreprises, sectoriels ou non, à dynamiser et à relancer. Certains de nos nouveaux axes de réflexion pourraient être annoncés avant la fin de l’année.

Où en sont vos développements hors des marchés Euronext?

Nous avons ouvert deux bureaux en Allemagne (Francfort et Munich), un en Suisse (Zürich) et bientôt un en Espagne et un en Italie, pour faire la promotion de nos marchés et créer un marché européen de référence pour les valeurs technologiques, qui permettra aussi de renforcer l’intérêt des investisseurs pour ce secteur. Déjà une dizaine de sociétés de ces pays sont cotées sur  nos marchés, et nous avons des introductions en vue qui viendraient ainsi rejoindre les 330 sociétés technologiques déjà cotées

Comment évolue votre présence en régions?

Si 60% des sociétés de la cote sont franciliennes et 40% provinciales, depuis la création d’EnterNext en 2013 les entreprises régionales représentent 60% des IPO. Nous avons une personne dans chacun de nos quatre bureaux (Lyon, Marseille, Nantes et Bordeaux) et venons de créer un poste pour  une seconde personne à Lyon, un senior chargé de développer les partenariats avec les acteurs de place locaux. Nous voulons aider au développement des écosystèmes locaux. D’ailleurs, nous finançons depuis le premier jour Lyon Pôle Bourse et le Pôle Bourse de Marseille. Au total, nous sommes une vingtaine de collaborateurs.

Quel rôle joue EnterNext au niveau européen?

L’Union des marchés de capitaux constitue un bon momentum pour améliorer le financement des entreprises par le marché et veiller à la limitation de la régulation. Par notre lobbying à Bruxelles et nos réponses aux consultations de Place, notamment de l’Esma, nous voulons contribuer à faire évoluer l’environnement. Nous regrettons toutefois que trop peu d’acteurs s’impliquent dans ces consultations. En attendant, la meilleure façon de dynamiser le marché, c’est d’en parler de manière positive.

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