L’euro ravive le spectre d’un «flash crash» sur le marché des changes

le 02/01/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La monnaie unique s'est brusquement envolée vendredi en Asie, dans des proportions toutefois moindres que le flash crash de la livre d'octobre.

L’euro ravive le spectre d’un «flash crash» sur le marché des changes
L'euro a grimpé en flèche par rapport à la devise japonaise vendredi.
(Crédit Thinkstock.)

L'euro a ravivé le spectre du «flash crash» subi par la livre sterling en octobre dernier. Vendredi matin, la monnaie unique a brusquement bondi sur les marchés asiatiques, se hissant en quelques minutes seulement à 1,0653 dollar soit une hausse de 1,6% avant de redescendre à 1,0543 dollar, provoquant le déclenchement d'ordres automatiques. L'euro a également grimpé en flèche par rapport à la devise japonaise. Il a augmenté de 0,6% pour atteindre 123,87 yens, son plus haut depuis le 15 décembre. Le franc suisse a suivi la monnaie unique dans son sursaut pour s'élever lui aussi de 1,6% face au dollar. «Le marché était particulièrement étroit, et tout à coup, l'offre a disparu et les traders court-termistes ont poussé l’euro en profitant d’ordres stop. Rien de plus», analyse Kaneo Ogino, en charge des changes chez Global-Info à Tokyo.

Même les actifs les plus liquides
sont concernés

Du fait de sa soudaineté, les analystes ont toutefois comparé cette envolée momentanée de l'euro au «flash crash» qui avait fait perdre brutalement près de 10% à la livre début octobre en quelques minutes, également sur les marchés asiatiques où la liquidité est plus faible. A la suite de cet incident, le gouverneur de la Banque d'Angleterre avait demandé à la Banque des règlements internationaux (BRI) de mener l'enquête.

Ses conclusions ne sont pas encore connues mais la BRI reconnaissait dans son dernier rapport trimestriel que la compression des volumes sur le marché des changes pouvait contribuer à expliquer un «flash crash». Les volumes quotidiens sur le marché des changes ont chuté de 300 milliards de dollars au cours des trois dernières années, selon la BRI. «Le fait que les banques aient réduit leurs réserves de liquidités en raison des restrictions légales aggrave ces instabilités et tend à les rendre plus structurelles. Nous aurons à subir encore longtemps ce genre d'incidents», explique Alvin Tan, analyste à la Société Générale à Londres.

Ce nouvel épisode démontre encore une fois que même les actifs les plus traités n'échappent pas aux mouvements d'extrême volatilité. Avant la mésaventure de la livre en octobre, les obligations d’Etat américaines avaient elles aussi subi un «flash crash» en octobre 2014.

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