Le S&P 500 lève le pied sur les rachats d’actions

le 29/12/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ces opérations ont chuté de 28% au troisième trimestre. Mais le coup d'arrêt, lié notamment aux élections américaines, pourrait n'être que passager.

Le S&P 500 lève le pied sur les rachats d’actions
A Wall Street, tous les secteurs du S&P 500, sauf les télécoms et utilities, ont réduit leurs rachats d’actions ces derniers mois.
(Photo Nyse.)

Simple pause ou début de tendance ? Pour le deuxième trimestre consécutif, les groupes du S&P 500 ont réduit leurs rachats d’actions. Selon les données de FactSet, les grandes sociétés cotées américaines y ont consacré 115,6 milliards de dollars (111,2 milliards d'euros) au troisième trimestre 2016 (période dont la date de fin est décalée au 31 octobre), soit 28% de moins qu’un an auparavant. Au cours des trois mois précédents, les rachats d’actions du S&P 500 s’étaient déjà contractés de 6,8%.

FactSet relativise cet effondrement en rappelant que les entreprises américaines avaient été particulièrement généreuses au troisième trimestre 2015. Mais la société d’analyse financière souligne que «c’est la première fois que l’indice constate deux baisses trimestrielles consécutives, depuis Ia série de huit déclins consécutifs enregistrée entre le premier trimestre 2008 et le quatrième trimestre 2009». Mis à part certaines activités au poids habituellement marginal en matière de rachats d’actions, comme les télécoms ou les utilities qui y consacrent en moyenne moins de 2 milliards par trimestre, tous les secteurs du S&P 500 ont regardé à la dépense ces derniers mois. Certains très fortement, comme les technologies, avec une chute de 43% au troisième trimestre. Apple, plus grand dépensier du S&P 500, a racheté pour 7,2 milliards de dollars de ses actions, contre 10,9 milliards au deuxième trimestre. Les incertitudes créées par l'élection présidentielle américaine ne sont certainement pas étrangères au décrochage des rachats d’actions. Des baisses avaient également été constatées lors des précédentes campagnes de 2012 et de 2008. Ce déclin coïncide également avec la remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui réduit l’efficacité de la stratégie consistant à émettre de la dette pour racheter du capital.

Les analystes de Goldman Sachs ne croient pas à un coup d’arrêt durable. Ils signalent que plusieurs groupes, comme Boeing, ont lancé de nouveaux plans sitôt les élections américaines passées. Ils insistent surtout sur le caractère incitatif de l’allégement fiscal promis par Donald Trump. Le président élu a prévu de réduire la taxe forfaitaire sur les liquidités offshore rapatriées aux Etats-Unis par les sociétés américaines. Goldman Sachs estime que les groupes du S&P 500 pourraient rapatrier 200 des 1.000 milliards de dollars qu’ils détiennent à l’étranger et consacrer 150 milliards à des rachats d’actions.

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