Euronext refond son offre de trading d’obligations d’entreprises

le 04/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Bourse va lancer avec Algomi une nouvelle plate-forme qui fonctionnera de manière opaque.

Euronext refond son offre de trading d’obligations d’entreprises
Euronext capitalisera à hauteur de 2,07 millions d’euros la nouvelle plate-forme lancée avec Algomi.
(Photo Euronext.)

La Bourse paneuropéenne Euronext refond son offre obligataire en s’associant avec le service d’information britannique Algomi.  Les deux sociétés ont annoncé hier la signature d’un partenariat de dix ans pour lancer une plate-forme de négociation d’obligations d’entreprises au troisième trimestre 2017. Elles créeront une société commune capitalisée à hauteur de 2,07 millions d’euros par Euronext.

Lancée en 2012, Algomi a commencé par offrir un service permettant aux banques de mieux disséminer en leur sein les informations sur les potentielles transactions obligataires. La société a depuis développé une offre qui facilite la communication entre les investisseurs institutionnels et les banques. C’est sur ces solutions qu’Euronext souhaite capitaliser pour tenter, comme le font déjà de nombreux acteurs, d'améliorer la liquidité d'un marché obligataire très fragmenté.

Lorsqu’un investisseur ne parviendra pas à exécuter un ordre via sa banque, celui-ci sera envoyé à la future plate-forme alternative (MTF) enregistrée en Grande-Bretagne. Celle-ci permettra de passer en revue les opportunités d’exécution auprès de toutes les banques qui y sont connectées. La négociation se fera de manière bilatérale (y compris pour le règlement-livraison) et les contreparties négocieront dans l’anonymat. «Nous avons pensé ce système pour les transactions sur les obligations les moins liquides et les ordres de taille importante, car nous pensons que c’est sur ce segment que les clients rencontrent des problèmes pour réaliser des opérations», explique Paul Humphrey, responsable fixed income, rates et FX chez Euronext.

Opaque, le modèle du futur MTF est donc très différent de celui de BondMatch, la plate-forme transparente lancée en 2011 avec un carnet d’ordres central et une compensation centrale des transactions. Même si elle était le fruit d'une réflexion de la Place, les volumes n’y ont jamais décollé. «La liquidité ne s’est jamais développée sur Bondmatch parce que les besoins de l’industrie, banques et investisseurs institutionnels ont évolué et parce que les obligations imposées par la régulation MIF 2 pour le trading obligataire sont finalement moins contraignantes qu’attendu», affirme Nathalie Masset, directeur des marchés obligataires chez Euronext. «Aujourd’hui la plate-forme BondMatch est toujours opérationnelle mais une transition de notre offre globale s’effectuera quand nous démarrerons notre nouveau MTF», ajoute-t-elle.

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