Le Brexit menace le projet de fusion entre le LSE et Deutsche Börse

le 30/06/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une association de petits porteurs allemands et la BaFin remettent en question le choix d'implanter le siège de la future entité à Londres.

Immeuble de la Deutsche Börse à Francfort.
Siège de la Deutsche Börse à Francfort.
(Crédit DB.)

Le projet de fusion entre le London Stock Exchange (LSE) et Deutsche Börse a-t-il du plomb dans l'aile ? Prenant acte de la décision des Britanniques de sortir de l'Union européenne, une association allemande d'actionnaires individuels demande à l'opérateur boursier allemand d'annuler son projet de fusion de 30 milliards de dollars (27 milliards d'euros) avec son concurrent britannique ou de revoir les plans de telle manière que le siège social de la nouvelle entité ne se situe plus à Londres.

«Les attributs d'un passeport européen s'appliquent uniquement à des sociétés situées dans l'Union européenne», a déclaré au Wall Street Journal Klaus Nieding, représentant de l'association DSW. Les petits porteurs allemands sont accompagnés dans leur combat par la BaFin, l'autorité allemande des marchés financiers. Son président, Felix Hufeld, a estimé qu'il était «difficile d'imaginer que la plus grande plate-forme de la zone euro soit dirigée d'un endroit extérieur à l'UE». La BaFin n'a pas de pouvoir décisionnaire sur ce sujet mais son avis devrait être écouté avec attention par le ministère allemand des Finances.

Les actionnaires du LSE
voteront le 4 juillet

Ces critiques post-Brexit interviennent à quelques jours d'un vote des actionnaires du LSE. Ces dernier doivent se prononcer le 4 juillet sur ce projet dont les conditions sont restées inchangées alors que les valeurs relatives des deux groupes ont évolué au profit de la Bourse allemande. Les actionnaires de Deutsche Börse, de leur côté, ont jusqu'au 12 juillet, pour apporter leurs titres à l'offre portée par la société holding basée outre-Manche. Il faut qu'au moins les trois quarts des actionnaires des deux groupes approuvent la transaction pour que celle-ci puisse être mise en œuvre.

La victoire du «Leave» jeudi dernier menace le maintien d'organismes actuellement établis à Londres. C'est le cas de l'Autorité bancaire européenne (EBA) qui pourrait être transférée à Paris ou à Francfort, selon un haut fonctionnaire européen cité par Reuters. Ce choix ruinerait les espoirs de l'Italie d'accueillir l'EBA à Milan.

Par ailleurs, toujours selon ce responsable, il est certain que la BCE va instaurer dès à présent sa politique de localisation, en référence au principe de localiser dans la zone euro les chambres de compensation dans la monnaie unique.

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