Rothschild & Co signe une année quasi-record en M&A

le 23/06/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le dynamisme en fusions-acquisitions ainsi que la bonne tenue de la gestion d'actifs et de la banque privée compensent le recul du private equity.

Olivier Pécoux, co directeur général de Rothschild & Co
Olivier Pécoux, co-directeur général de Rothschild & Co

Après un point bas en 2013, Rothschild & Co a confirmé son rebond dans les fusions-acquisitions au cours de l’exercice 2015-2016, clos fin mars. «A quelques millions près, nos revenus dans le conseil financier égalent le niveau record de 2007», déclare à L’Agefi Olivier Pécoux, co-directeur général du groupe franco-britannique qui a publié hier soir ses résultats annuels. Ce pôle qui regroupe aussi le conseil en financement et restructuration de dette (en baisse de 5% sur un an) affiche 1,04 milliard d’euros de revenus, soit une hausse de 18% par rapport à 2014-2015.

Dans les seules fusions-acquisitions, les commissions de Rothschild ont bondi de 30%, à 763 millions d’euros. La banque de David de Rothschild a notamment conseillé BG Group racheté par Royal Dutch Shell pour 36 milliards de livres (47 milliards d'euros). A l’achat, ses équipes ont par exemple accompagné ChemChina dans l'acquisition de Pirelli pour 8,8 milliards d'euros. Malgré les incertitudes politiques telles qu'un éventuel Brexit, le deal flow resterait très élevé.

«Au premier trimestre 2016,  Thomson Reuters nous a crédités de la première place au niveau mondial en nombre de transactions. En valeur, nous sommes dans le Top 10, et en dehors de l’Amérique du Nord nous sommes numéro un en termes de revenus», affirme Olivier Pécoux. Rothschild reste toutefois un petit acteur aux Etats-Unis, premier marché mondial du M&A, même si le pays pèse désormais environ 15% des revenus de son pôle de conseil. «Nous allons continuer à étoffer nos équipes sur place, mais nous privilégions la promotion de banquiers en interne à des recrutements agressifs, pour préserver notre culture maison», indique le dirigeant. 

Sur l’ensemble de l’exercice, les métiers de banque d’affaires ont tiré les revenus globaux du groupe, en hausse de 13% sur un an à 1,59 milliard d’euros. La gestion d’actifs et la banque privée, qui fusionnera bientôt avec la Banque Martin Maurel, ont également progressé de 13% avec des encours de 50,2 milliards d’euros à fin mars (-1,9 milliard sur un an). Le pôle de capital-investissement et dette privée, en recul de 26%, pâtit du niveau très élevé des plus-values de cessions de l’exercice précédent. Le résultat net part du groupe bondit de 62%, à 232 millions d’euros, grâce à un profit de 99 millions d’euros liés à la vente de l’activité britannique de financement d’actifs. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net baisse de 16%, à 135 millions d’euros. 

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