Deutsche Börse et le LSE écartent l’obstacle ICE

le 06/05/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le référendum sur le Brexit et les questions réglementaires et de concurrence se dressent encore sur le chemin de la fusion des deux groupes.

Un obstacle de taille à la fusion Deutsche Börse et du London Stock Exchange est tombé mercredi, mais seulement un. L’américain IntercontinentalExchange (ICE) a renoncé à faire une offre d’achat sur la Bourse de Londres, faute d’avoir pu en discuter avec les dirigeants du LSE, le président Donald Brydon et le directeur général Xavier Rolet. «Quand vous n’avez ni visibilité ni confiance, il est très dur d’aller voir vos actionnaires dans les yeux et de suggérer que vous allez livrer un montant spécifique de performance», a reconnu Jeffrey Sprecher, le patron d’ICE, qui a toujours la possibilité, en droit britannique, de revenir à la charge sous certaines conditions dans les six mois.

La bourse américaine, avec une informatique plus légère que celle de ses deux concurrents, aurait eu du mal à valoriser dans son offre les 450 millions d’euros de synergies promises par le LSE et Deutsche Börse. ICE aurait aussi eu des interrogations sur les activités de post-marché, et notamment sur le prix de la chambre de compensation LCH.

Une surenchère toujours possible

L’option ICE écartée, d’autres obstacles restent à surmonter. Une surenchère est toujours possible, le CME n’ayant pas déclaré ses intentions. L’action LSE, en recul de 4,2% le 4 mai et tombée au plus bas depuis fin février, a cependant perdu de sa prime spéculative, tandis que celle de la bourse allemande bondissait de près de 6%.

Carsten Kengeter, le directeur général de Deutsche Börse, a aussi indiqué mardi qu’il discutait toujours avec les régulateurs domestiques et européens. La BaFin n’a par exemple pas encore visé les documents d’offre du groupe. Tout ceci pourrait reporter la convocation de l’assemblée générale extraordinaire du LSE, censée approuver l’opération, après le référendum du 23 juin sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Un éventuel Brexit donnerait des arguments aux opposants à la fusion, d’autant que la répartition des centres de décision entre Londres (siège de la holding cotée du futur ensemble) et Francfort crée son lot habituel de tensions politiques outre-Rhin.

Les discussions avec les autorités porteront aussi sur les questions de concurrence et de risque systémique de l’activité de compensation centralisée. Les lobbyistes à Bruxelles ne devraient pas se priver de souligner le caractère hégémonique d’un ensemble LSE-DB en Europe dans les indices, les produits dérivés et le post-marché.

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