Cerberus boucle la plus importante titrisation de RMBS depuis 2007

le 06/04/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds de private equity a lancé le refinancement des anciens prêts immobiliers de Northern Rock rachetés fin 2015.

Les fonds zombies du private equity cumulent 116 milliards de dollars non investis - Photo : Fotolia

Le refinancement des anciens prêts de Northern Rock rachetés par Cerberus se présente bien. Une partie significative des 6,2 milliards de livres (7,7 milliards d’euros) d’obligations titrisées adossées à des prêts immobiliers résidentiels (RMBS) que compte émettre le fonds de private equity aurait déjà été pré-placée, selon Bloomberg. Le pricing de l’émission, le plus important placement depuis 2007, devrait intervenir le 8 avril, moins de six mois après l'achat de Cerberus. Après le long processus d’enchères, le fonds de capital-investissement était parvenu à doubler de nombreux concurrents, notamment Goldman Sachs, Blackstone et JPMorgan. Dans le sillage du rachat, en novembre 2015, de ce portefeuille de 13 milliards de livres de prêts immobiliers originés par Northern Rock avant sa nationalisation, Cerberus avait rétrocédé une part de 3,3 milliards de livres à TSB Bank. Le fonds avait aussi communiqué son intention de refinancer ces prêts.

Dans un contexte mitigé, les caractéristiques du sous-jacent expliquent son succès. Originés en moyenne il y a dix ans pour une maturité résiduelle de 15 ans, les prêts sont concentrés à 31% dans Londres et le sud-est de l’Angleterre et portent un coupon moyen d’environ 4,5%. La tranche AAA a été largement pré-placée à un spread indicatif de 118 points de base (pb) au-dessus du Libor à 3 mois. Elle est assortie d’une clause de step-up (rehaussement du coupon) à 177 pb plus Libor à 3 mois.

Alors que les spécialistes attendent un rebond des placements de RMBS en Europe, et notamment au Royaume-Uni, l’activité est tout juste restée stable depuis le début de l’année. «Les inquiétudes sur le référendum britannique expliquent partiellement le délai (…). L’écartement des spreads, la volatilité attendue d’ici au scrutin, la faiblesse de la livre et le coût des swaps de devises jouent en faveur de l’attentisme», estime Bank of America Merrill Lynch.

L'opération de Cerberus va gonfler les statistiques, mais des vents contraires devraient continuer à souffler en Europe continentale. «Les changements structurels des obligations sécurisées les rendent techniquement proches des RMBS mais elles sont mieux traitées prudentiellement», souligne BoA Merrill Lynch. «L’envolée des transactions de RMBS retenues et des émissions de covered bonds sont des signaux de stress des marchés», conclut la banque.

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(Illustration L'Agefi.)

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