Le spectre d’une hausse des taux menace l'embellie de l’immobilier britannique

le 01/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nationwide mise sur un rythme de progression à deux chiffres des prix résidentiels sur douze mois en février

Le marché de l’immobilier résidentiel a poursuivi son rebond le mois dernier outre-Manche. Le prix moyen d’un bien y a progressé de 1,2% par rapport au mois de décembre selon Nationwide, pour s’élever à 163.481 livres.

La tendance à la hausse s’est donc accélérée face aux +0,5% observés le mois précédent. S’il reste en retrait de 12% par rapport au plus haut en glissement annuel atteint en octobre 2007, ce prix moyen est en hausse de 8,6% sur douze mois (contre 5,9% en décembre). Le repli annuel avait avoisiné 18% début 2009.

Pour Martin Gahbauer, économiste en chef chez Nationwide, «en l’absence d’une chute en février, la hausse annuelle des prix immobiliers devrait atteindre un niveau à deux chiffres (ce mois-ci) pour la première fois depuis mai 2007».

Pourtant, le prêteur britannique rappelle que ce renouveau reste soutenu par une certaine pénurie de l’offre. Et que toute nouvelle progression sensible des prix est conditionnée par une évolution favorable encore bien incertaine de l’environnement économique. Andrew Sentance de la Banque d’Angleterre a estimé qu’il existait une marge «bien plus grande» encore de progression du marché si toutefois les tensions s’apaisent au sein du secteur bancaire au cours des deux prochaines années, particulièrement si les taux d’intérêt demeurent bas.

Mais la récession n’a pas encore cédé la place à une croissance suffisamment forte pour être rassurante pour l’immobilier à moyen terme, notamment en ce qui concerne sa capacité à générer de l’emploi et des hausses de salaires. Surtout, Martin Gahbauer craint que l’inflation se révèle bientôt plus vigoureuse que prévu par le consensus, créant une tension sur les taux néfaste à l’immobilier.

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