La Société Générale se met aux normes du G20

le 07/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’augmentation de capital de 4,8 milliards d'euros portera son ratio « core tier one » à 8 %

La Société Générale (SG) marche dans les pas de sa concurrente BNP Paribas. Anticipant le relèvement des exigences de fonds propres décidé lors du dernier G20, la banque a annoncé une augmentation de capital de 4,8 milliards d’euros en vue de s’émanciper de la tutelle de l’Etat, mais également de saisir des opportunités de croissance externe. Cette opération portera le ratio core tier one de la banque à 8 %, la «norme» que les analystes semblent retenir désormais, alors que celui de BNP Paribas s’élèvera à 7,1 %.

Alors que les différentes autorités militent pour un niveau accru de fonds propres durs dans le secteur, «les banques qui auront dégainé le plus vite dans un marché relativement positif auront fait un choix judicieux. Les autres banques risquent de se retrouver dans un environnement engorgé et plus difficile», estime Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue. Pour le bureau d’études Raymond James, «SG se place en position favorable et rejoint le groupe des grandes banques généralistes les mieux capitalisées en Europe».

Concrètement, l’augmentation de capital de SG sera réalisée avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS). Les actionnaires pourront souscrire à deux nouvelles actions au prix de 36 euros pour neuf DPS détenus. «La décote hors droits de souscription ressort à 31 %, contre 30 % chez BNP Paribas dans le cadre de son augmentation de capital annoncée la semaine passée, donnant la norme du secteur», indique Christophe Nijdam. Alors que la période de souscription est ouverte du 8 au 20 octobre, Groupama, actionnaire à hauteur de 3,9 % du capital de SG, participera à l’opération, dont le coordinateur global et chef de file est SG CIB. Les teneurs de livres associés de l’offre sont JPMorgan, Merrill Lynch et Morgan Stanley.

Suite à l’opération, la Société Générale, qui indique que l’impact sera neutre sur le bénéfice par action en 2010, remboursera les actions de préférence, pour 1,7 milliard d’euros, et les titres de dette subordonnée, pour un montant identique, souscrits par la Société de prise de participations de l’Etat (SPPE).

A noter que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, déclare ce matin au Figaro que toutes les banques françaises auront remboursé d'ici peu les aides de l'Etat.

Contrairement à BNP Paribas dont l’unique but était de rembourser l’Etat, la Société Générale entend profiter de sa nouvelle flexibilité financière pour saisir des acquisitions.

Elle a déjà annoncé avoir engagé des négociations sur la reprise des 20 % non encore détenues dans le Crédit du Nord. En outre, «nous regarderons dans les dix-huit à vingt-quatre prochains mois des opportunités à saisir dans la banque de détail en Europe centrale, occidentale et dans le bassin méditerranéen, ainsi que dans le domaine de la banque privée. Mais nous serons très sélectifs», a déclaré Frédéric Oudéa, son PDG. «La capacité d’investissement du groupe passera par un abaissement du ratio tier one (9,7 % après l’opération). A 9,5 %, le niveau du ratio permet de dégager de l’ordre de 700 millions d’euros», indique Christophe Nijdam.

Parallèlement, le groupe s’est dit confiant sur le troisième trimestre, dont l’activité des différents pôles ne marque pas «d’inflexion significative» par rapport au premier semestre. Mais il anticipe «des impacts comptables négatifs en raison du resserrement des spreads de crédit», de l'ordre de 50 % de ceux du deuxième trimestre.

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