Le primaire actions reprend des couleurs

le 26/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le retour des opérations profite aux banques à bilan, notamment françaises

Après un début d’année calamiteux, le retour des opérations sur le marché primaire actions (ECM) est l’événement marquant du trimestre qui s’achève. Selon les données préliminaires de Dealogic publiées aujourd’hui, les volumes émis ont quadruplé en Europe entre fin mars et fin juin, ce qui a permis de limiter à 18 % sur un an la contraction du marché au premier semestre, à 110 milliards de dollars (80 milliards d’euros). En France, le marché primaire actions a même progressé de 4 % sur un an, à 10,2 milliards d’euros.

Faute d’introductions en Bourse, le retour des grands émetteurs corporate français a rythmé le printemps dans l’Hexagone. Mais plus que les augmentations de capital de Danone, Saint-Gobain ou Pernod, qui restent loin des levées de fonds réalisées par les banques britanniques, un phénomène très national explique l’embellie du 2e trimestre : la vague des convertibles (voir graphique).  Leur montant a été multiplié par 3,5 en un an, alors que l’ensemble du marché s’est contracté de 34 % en Europe. Résultat, les obligations convertibles (OC), notamment les « Oceane », émises par des groupes français ont représenté près de 40 % du total européen. « Les Oceane sont nées en France. Les banques françaises ont une technicité particulière sur ce sujet », rappelle un avocat d’affaires d’un cabinet anglo-saxon à Paris. Et encore Dealogic exclut-il de ses calculs le « luxembourgeois » ArcelorMittal. 

Ce n’est pas fini : d’autres groupes se pressent pour profiter de la fenêtre ouverte jusqu’à la mi-juillet, début de la trêve estivale et des publications de résultats du 2e trimestre en Europe. Le marché bruisse de rumeurs sur l’imminence de convertibles Alcatel-Lucent et Valeo. 

L’autre phénomène marquant du semestre concerne les classements des banques arrangeuses. Habituellement en pointe sur leur marché domestique, Calyon, BNP Paribas et SG CIB ont encore renforcé leurs positions dans l’ECM, et concentrent 60 % des opérations en valeur, aux côtés de JPMorgan. En revanche, au niveau européen, seul Calyon se classe dans les dix premiers teneurs de livres. « Les émetteurs ont resserré le nombre de leurs conseils. Les banques à bilan, qui ont la relation historique avec le client, sont omniprésentes », indique le même avocat. La concentration se lit d’ailleurs dans le niveau des commissions : le quinté de tête en France en accapare les trois quarts, contre les deux tiers l'an dernier et la moitié en 2007. La montée en puissance des banques françaises vaut aussi pour les émissions de dette. BNP Paribas, Calyon et SG CIB se classent aux 2e, 7e et 8e rangs européens selon Dealogic.

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