Les opérations de LBO entament une timide reprise

le 28/08/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après six mois de disette, montants et volumes des transactions semblent repartir à la hausse à partir du deuxième trimestre

La valorisation de la dette de LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) a suivi le redressement des marchés de crédit depuis plusieurs mois, attestant de l’intérêt de fonds spécialisés pour ce type de produit. Il se pourrait que le marché primaire du LBO imite – timidement – cette tendance.

Le tableau ci-joint témoigne néanmoins des modestes montants des plus grandes transactions, de même que de leur faible renouvellement comparé aux éditions précédentes. Le secteur a connu des jours meilleurs : au premier semestre, le marché européen des LBO a subi un recul de 87 % en valeur (à 11,7 milliards d’euros) et de 61 % en volume (à 344 opérations) par rapport à la même période en 2008, selon Mergermarket. On note malgré tout un redressement entre les premier et deuxième trimestres, puisque les montants progressent de 73 %, passant de 4,3 à 7,4 milliards.

Les opérations de cession ont particulièrement animé le marché, puisque leur montant a doublé d’un trimestre à l’autre (celui des acquisitions stricto sensu ayant progressé de 56 %). Cette tendance est importante dans la mesure où les capital-investisseurs dépendent en partie de leur capacité à vendre les actifs de leurs portefeuilles pour retourner des fonds à leurs investisseurs et lever de nouveaux véhicules. Ce phénomène n’est pas propre au Vieux Continent. Ce mois-ci, KKR et Silverlake sont parvenus à introduire sur le Nasdaq le fabricant de semi-conducteurs Avago, basé à Singapour, à un prix inespéré : les actionnaires sont parvenus à lever 745 millions de dollars, contre les 400 millions initialement visés. Les cours des sociétés introduites par les fonds de private equity aux Etats-Unis depuis le début de l’année ont en moyenne progressé de 38 %. Même si elles sont loin de se concrétiser, les velléités de cotation, outre-Atlantique, mais aussi en Europe, commencent à se faire jour (les cliniques HCA, Toys’R’Us, voire le danois TDC pour KKR par exemple).

S’il s’agit là de noms – et de montants – qui font rêver, on en est encore loin pour le moment. Selon Mergermarket, seules trois opérations initiées au cours du premier semestre ont dépassé les 500 millions d’euros de valeur. En 2008, pourtant année de la crise, on en comptait encore soixante et une.

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