Natixis revoit ses règles sur les bonus

le 14/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nouveau mode de calcul revient à plafonner à 350.000 euros la part versée la première année

Après les grands principes énoncés au dernier G20, place aux travaux pratiques. Alors que le gouvernement français s’apprête à publier un arrêté encadrant la politique de rémunération dans les banques, les grands acteurs de la place ont déjà engagé leur réforme des bonus. C’est le cas de Natixis, qui vient d’élaborer de nouvelles règles sur le sujet. De source proche du dossier, elles reviendraient à plafonner à 350.000 euros la part du bonus individuel versée en cash la première année. La banque ne commente pas.

Natixis étalera sur quatre ans le versement d’une partie des bonus, qui seront calculés en excluant les pertes de la GAPC, la structure de cantonnement des actifs les plus risqués du groupe. Ce montant différé sera soumis pour moitié à un malus éventuel en fonction des performances de l’activité sur la durée. L’autre moitié sera indexée sur les performances du titre Natixis.

La part différée de la rémunération variable augmentera en fonction des montants en jeu. En-dessous de 75.000 euros, tout le bonus gagné au titre d’une année sera versé, comme aujourd’hui, l’année suivante. La part du bonus comprise entre 75.000 et 200.000 euros sera différée à hauteur de 40 %. Cette proportion passera à 50 % pour la part comprise entre 200.000 et 500.000 euros, à 75 % entre 500.000 et 700.000 euros, et à 100 % pour la fraction supérieure à 700.000 euros.

Un trader ou un gérant qui aurait droit à 100.000 euros de bonus, en toucherait donc 90.000 euros la première année, le paiement du solde étant différé, selon des simulations internes dont L’Agefi a pris connaissance (voir tableau). Au-delà de 700.000 euros, la majorité du bonus sera étalée dans le temps, et la part versée la première année ne pourra dépasser 350.000 euros.

De tels montants demeurent exceptionnels. En 2009, selon des sources internes, le nombre de collaborateurs de la banque de financement et d’investissement ayant touché un bonus supérieur à 500.000 euros s’élève à 21 dans le monde. Le sujet n’en reste pas moins sensible, à la fois par son importance dans le débat public et par les difficultés particulières que traverse Natixis, qui a bénéficié d’un ample soutien de l’Etat à travers sa maison mère, BPCE.

Ce cadre ne s’applique pas aux dirigeants du groupe. A l’instar des patrons de banques françaises ayant bénéficié de fonds publics, Laurent Mignon, directeur général de Natixis, ne touchera pas de part variable en 2009. Mais à 800.000 euros par an, son salaire fixe est d’un tiers supérieur à celui de son prédécesseur Dominique Ferrero.

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