L’Europe reprend du poids dans les IPO

le 02/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Vieux Continent représente 18 % des volumes cette année et surtout 36 % des projets annoncés

Le marché des IPO confirme l’amélioration entrevue fin 2009. Au premier trimestre, les volumes des introductions en Bourse ont atteint 42 milliards d’euros, selon Thomson Reuters. Le meilleur début d’année depuis 2007. Cette reprise est d’autant plus intéressante que le marché n’est plus seulement tiré par l’Asie. Inexistante il y a un an, l’Europe pèse aujourd’hui 18% des IPO. Une tendance a priori appelée à s’amplifier à en croire les projets d’introduction, qui proviennent à 36 % du Vieux Continent (voir graphique).

En volume, ces projets déjà dévoilés mais pas encore présentés au marché, représentent un potentiel de 137,8 milliards de dollars dans le monde et de 49,8 milliards en Europe. Des chiffres de nature à rassurer sur l’avenir si on les rapporte au volume des IPO réalisées en 2008 de 93 milliards. «Après des renoncements retentissants comme ceux de Travelport et Hochtief Concessions, les dernières opérations (Brenntag, Kabel Deutschland…) ne se sont pas trop mal passées. Un signe plutôt positif pour les candidats, même si les annulations restent nombreuses», remarque Benoît Bout, coresponsable de la syndication de CA CIB.

Ces opérations sont également caractéristiques d’une autre tendance actuelle. «La grande majorité des dossiers proviennent du private equity», poursuit Benoit Bout. Cela se vérifie avec les dernières IPO allemandes tout comme avec le pipeline. Parmi les grands dossiers attendus, le groupe de réservation de voyages Amadeus (BC Partners, Cinven) a déjà fait part de son intention de lever 910 millions d’euros à Madrid d’ici l’été. Le marché table aussi sur un retour en Bourse avant l’été de l’opérateur télécom danois TDC, qui avait été repris en main par un consortium de fonds début 2006 pour près de 10 milliards d’euros.

Cette forte présence des fonds sur le marché incite d’ailleurs les investisseurs à étudier les dossiers avec des critères plus larges que la traditionnelle valorisation. «Ils sont aujourd’hui attentifs à ce que les bilans soient nettoyés et à ce que les leviers ne soient pas trop élevés», explique Benoît Bout.

Si la reprise se fait sentir en Europe, les acteurs français nourrissent toutefois un regret. Les volumes grimpent essentiellement en Allemagne ou à Londres, qui, après des trimestres de disette, vient de se hisser au niveau de Hong-Kong. En France, le bilan reste plus mitigé. Tereos a certes promis de coter à Paris sa filiale Tereos Internacional, valorisée aujourd’hui 2,6 milliards d’euros. Mais les IPO en cours (Neovacs) ou les projets à court terme (AB Science, Deinove) ne concernent que des biotechs cherchant à lever quelques dizaines de millions d’euros.

A lire aussi