Les investisseurs privilégient les fonds d’infrastructures et d’immobilier

le 04/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les méga-fonds de LBO levés avant la crise disposent encore d’importantes liquidités à placer

La photographie actuelle des levées de véhicules de capital-investissement est trompeuse. En effet, la collecte de deux méga-fonds de LBO, en particulier celui de Blackstone (dont l’objectif pourrait même atteindre les 20 milliards d’euros selon certaines sources), fausse la perspective. Malgré le redémarrage des acquisitions à effet de levier depuis la fin de l’année dernière, elle ne doit pas laisser penser que les très grandes transactions sont de retour.

«Auprès de nombreux investisseurs institutionnels, les méga-fonds ont toujours aussi peu de succès; ils leur préfèrent les véhicules ciblant les opérations de midmarket», explique Tim Friedman, porte-parole de Private Equity Intelligence (Preqin). En outre, souligne-t-il, «les véhicules de plusieurs milliards de dollars – ou d’euros – levés juste avant l’éclatement de la bulle financière ont été très peu actifs ces deux dernières années. Ils disposent encore de sommes importantes à investir et n’ont pas besoin d’en collecter à nouveau.»

La liste ci-dessous illustre qu’au sein de la vaste famille du private equity, le LBO n’a pas vraiment retrouvé sa cote d’amour. En dehors de Blackstone et Morgan Stanley Private Equity, toutes les autres structures ciblent d’autres métiers que les LBO. Les infrastructures et l’immobilier sont particulièrement bien représentés, sans oublier les situations spéciales, le secondaire (acquisition de parts de fonds déjà levés auprès d’investisseurs) et la dette décotée, trois segments qui ont profité de la crise.

Pour autant, il faut là encore demeurer prudent. «Les professionnels de l’immobilier ont beaucoup de mal à lever de l’argent; c’est le secteur qui a le plus souffert depuis deux ans. Il dépend énormément du marché de la dette», nuance Tim Friedman. Cela dit, ce dernier remarque la vigueur de la demande dans les infrastructures, qui «permettent de se couvrir contre l’inflation».

Si les professionnels du private equity et leurs investisseurs commencent à voir le bout du tunnel, le marché risque d’être tendu pendant encore plusieurs mois. Preqin estime que la collecte devrait atteindre entre 50 et 60 milliards de dollars dans le monde au deuxième trimestre, un montant équivalent, au mieux légèrement supérieur, au premier.

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