Les émergents prennent du poids sur la scène des fusions-acquisitions

le 15/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour la première fois, les flux sortants des pays émergents surclassent les flux entrants en matière d’opérations financières

A l’image de la situation déjà constatée en matière d’IPO, le centre de gravité des fusions-acquisitions (M&A) se déplace peu à peu vers les pays émergents. Avec des volumes de 564,3 milliards de dollars selon Dealogic, les pays émergents ont compté pour 24% du marché des M&A en 2009. «Il s’agit d’un record qui marque le point culminant d’une progression constante depuis quinze ans», souligne le fournisseur de données. A titre de comparaison, les émergents représentaient moins de 20% des volumes en 2007 et à peine plus de 10% en 2000. A elle seule, la Chine a capté 27% des transactions réalisées dans les pays émergents, soit 6,5% des transactions mondiales.

Si les scores des économies émergentes ne font que confirmer la tendance en place depuis plusieurs années, 2009 a tout de même marqué un virage hautement symbolique. Pour la première fois depuis que Dealogic établit ses statistiques, les flux de transactions se sont inversés.

Jusqu’ici, les volumes d’acquisitions réalisées par les groupes occidentaux dans les pays émergents dépassaient les volumes d’acquisitions des groupes émergents dans les économies dites développées. Cette fois, les groupes émergents ont été plutôt acquéreurs que cibles. Et de loin, avec des volumes «sortants» de 135 milliards pour des volumes «entrants» de quelque 80 milliards de dollars.

Au vu du poids croissant de certains groupes émergents sur la scène internationale (notamment dans les matières premières, les matériaux de base et l’énergie), l’offensive ne devrait pas s’arrêter en 2010. Cimpor en est déjà un bon exemple.

Fin décembre, le cimentier portugais a fait l’objet d’une offre de 5,63 milliards d’euros (en valeur d’entreprise) de la part de son homologue brésilien CSN. Mais le marché a rapidement joué la carte de la surenchère. Et les marques d’intérêt n’ont pas tardé à affluer. La dernière en date est également venue d’un acquéreur potentiel brésilien. Cette semaine Camargo Correa a proposé de fusionner avec Cimpor ses propres actifs dans le ciment. Une opération qui passerait par le rachat de 15% à 25% de Cimpor et le versement de 350 millions d’euros de dividende exceptionnel aux actionnaires du portugais. La bataille est à coup sûr loin d’être terminée. D‘ailleurs Lafarge a démenti hier avoir d’ores et déjà conclu avec Camargo Correa un accord de vente de ses 17,3% dans Cimpor.

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