Le CM-CIC porte une quantité non négligeable d'actifs illiquides

le 05/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rapport annuel de la BFCM, publié le 30 avril, permet de vérifier le poids des RMBS et CDO au bilan du groupe

Le Crédit Mutuel a été l’une des banques françaises les plus affectées par la faillite de Lehman Brothers. La publication le 30 avril du rapport annuel de la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (BFCM) permet aussi de vérifier que le groupe porte une quantité non négligeable d’actifs illiquides et risqués. Il a d’ailleurs profité de l’assouplissement des normes comptables pour en transférer 18,8 milliards d’euros dès le 1er juillet 2008 vers ses portefeuilles de prêts et d’actifs disponibles à la vente, et éviter des dépréciations. La valeur de marché de ces titres a baissé de 969 millions au deuxième semestre.

Le bras financier du CM-CIC détenait notamment 7,1 milliards de titres adossés à de l’immobilier résidentiel (RMBS) à fin 2008, dont 3,1 milliards aux Etats-Unis. Les parts de titrisation de type CLO, CDO et ABS non couverts dépassent de leur côté les 4 milliards d’euros. Plus de 90 % de ces actifs sont cependant localisés en France et en Europe. Enfin, la BFCM affiche 6,5 milliards d’encours de prêts LBO, un poste qui s’est accru de près de 2 milliards l’an dernier car les réseaux du Crédit Mutuel et du CIC ont continué à financer des opérations. Ces lignes n’ont quasiment pas été dépréciées (38 millions d’euros) : à la différence des banques anglo-saxonnes, les banques françaises considèrent que le risque LBO devra être provisionné en cas de problème avéré, et non en fonction de valeurs de marchés.

Ces expositions restent bien inférieures à celles de la Société Générale ou de Natixis, mais sont du même ordre de grandeur que celles de BNP Paribas. La BFCM affiche en revanche des expositions très réduites aux rehausseurs de crédit et à l’immobilier commercial, à la différence de ses pairs.

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