La Chine monte en puissance sur la scène des fusions-acquisitions

le 10/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les opérations impliquant un groupe chinois sont passées de 7,4 % à 9,1 % du marché en un an

S’il est un domaine où la montée en puissance chinoise prend toute sa mesure, c’est bien celui des fusions-acquisitions (M&A). Le cas YPF en est un exemple caractéristique. Alors que Repsol souhaite céder une participation dans sa branche argentine, les rumeurs les plus insistantes se font l’écho de l’intérêt tout particulier de China National Petroleum Corp (CNPC). Un intérêt qui n’a rien de surprenant tant les groupes chinois ont montré depuis le début de l’année leur appétit pour les actifs pouvant leur permettre de sécuriser des ressources, notamment dans le pétrole.

Ainsi après le projet (fin mai) de Petrochina visant à reprendre une part de Singapore Petroleum pour 1 milliard de dollars, Sinopec a plus récemment jeté son dévolu sur Addax Petroleum en le valorisant 8,9 milliards de dollars.

Au total, le bilan comptable est en tout cas à la hauteur de ces quelques exemples. Surtout si on intègre le cas CNPC-YPF (qui n’a pas encore fait l’objet d’une offre formelle). Sur cette base et selon nos calculs à partir des statistiques de Dealogic, les opérations impliquant une partie chinoise représentent sur ce début d’année 9,1 % des volumes mondiaux, contre 7,4 % un an plus tôt, la baisse des opérations en Chine ayant été moins forte que celle du marché dans son ensemble.

Mais le chiffre le plus spectaculaire reste celui des transactions transfrontalières à l’initiative des groupes chinois. En intégrant CNPC-YPF, Dealogic chiffre les volumes à 36,2 milliards de dollars, soit autant que le record atteint l’an passé à la même date et quatre à cinq fois plus qu’en 2006 et 2007. Le secteur du pétrole et du gaz est évidemment aux avant-postes et à l’origine de deux tiers des volumes.

Que les groupes chinois se soient montrés aussi offensifs que l’an passé apparaît d’autant plus spectaculaire que le marché des M&A a reculé de 35 % depuis le début de l’année dans le monde. Toujours est-il que cette présence croissante n’est pas sans soulever des inquiétudes. En témoigne le récent revers de Chinalco suite à son projet d’investir massivement dans Rio Tinto (lire dans « Aller plus loin »). Pour les experts, les groupes chinois pourraient donc à l’avenir affiner leur tactique en optant pour des « deals » plus petits mais plus nombreux.

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