BNP Paribas domine une année 2009 de transition dans les M&A en France

le 04/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Notre classement M&A national ponctue un exercice marqué par un semestre de bas de cycle, puis un renouveau des projets en attendant en 2010

BNP Paribas, JPMorgan, Rothschild. C’est le tiercé gagnant de notre classement français 2009 des banques conseil en fusions-acquisitions. Un classement sur des opérations conclues en chute libre - elles n’ont représenté que 112 milliards d’euros en 2009, contre 253 milliards en 2008 - et marqué par le retour au premier plan de l’habituel leader, BNP Paribas. La banque française devance ainsi JPMorgan et Rothschild. BNP Paribas a également conseillé le plus grand nombre de transactions (52), devant Rothschild (49) et Lazard (36).

Bank of America conserve le quatrième rang malgré le transfert en cours d’année de l’équipe emmenée par Marc Pandraud et Emmanuel Hasbanian chez Deutsche Bank, qui se place déjà très bien sur les opérations annoncées pour 2010... La Société Générale, qui a recruté une quinzaine de spécialistes M&A, devrait aussi progresser comme l’a fait cette année Citigroup, autre spécialiste qui a su proposer à ses clients une «offre globale» où les cessions d’actifs complétaient la restauration des bilans. Morgan Stanley et Goldman Sachs, leaders au niveau mondial, sont en retrait en France.

Autres particularités cette année, il n’y a pas eu de méga-transaction susceptible, telle GDF-Suez en 2008, d’orienter le résultat, et une tendance à mobiliser toujours plus de conseils sur les grandes opérations : neuf sur la fusion BPCE (15,7 milliards d’euros), sept sur les opérations British Energy-EDF (15,6 milliards d’euros) et Fortis Bank-BNP Paribas (11,5 milliards), sept encore sur Constellation Energy-EDF (3,6 milliards) ou sur Orangina-Suntory (2,6 millards).

Le premier semestre a surtout fait l’objet d’opérations «défensives» et sur des secteurs ciblés (pharmacie, services financiers, matières premières, énergie) dans une logique de consolidation et une ambiance d’incertitude sur la détermination des prix. Le second a été marqué par le retour d’un dialogue encourageant sur des projets stratégiques, comme sur Areva T&D. Des deals plus longs et réfléchis, ainsi que la recherche de croissance sur de nouvelles clientèles et dans les pays émergents (avec Vivendi sur GVT au Brésil par exemple), voire un retour espéré des LBO et des IPO avec des fonds, seront des pistes pour 2010... Mais les spécialistes ne voient pas le marché regagner dès l’an prochain les quelque 50% d’opérations perdues cette année.

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