Les banques s'attendent à d'autres dépréciations

le 01/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle restent notamment exposées au risque des assureurs monolines au premier trimestre

Les banques n’en ont pas terminé avec la crise de crédit. Malgré les montagnes de dépréciations enregistrées en 2008 (792 milliards de dollars à la fin de l'année selon le FMI), elles devront encore passer leur bilan à la paille de fer au premier trimestre. Une partie importante devrait provenir des assureurs monolines : leur risque de contrepartie augmente mécaniquement lorsque les titrisations qu'ils garantissent perdent de leur valeur. Or des indices comme les ABX ont encore chuté d'un tiers entre décembre et mars.

JPMorgan prévoit par exemple 17 milliards de dollars de dépréciations dans les activités de financement et d’investissement (BFI) des gros acteurs européens cette année. Sont concernés Deutsche Bank pour un montant de 4,9 milliards, Barclays pour 3 milliards, Credit Suisse pour 1,2 milliard et BNP Paribas pour 1,1 milliard. Selon les analystes de l’établissement américain, elles concernent essentiellement les produits structurés adossés à des créances immobilières commerciales et les contrats avec les rehausseurs de crédit.

« Etant donné le déclin du prix des ABS, l’écartement des spreads de CDS des réhausseurs de crédit et les dégradations de leur notation, nous nous attendons à ce que les provisions contre le risque qu’un monoline ne soit pas capable d’honorer son contrat représentent l’essentiel des dépréciations d’actifs risqués », estiment les analystes de KBW dans une note du 27 mars. Ils considèrent que cette exposition pèsera sur les banques, notamment au premier trimestre.

Selon leurs calculs, Barclays est l’établissement le plus exposé au risque de contrepartie, avec 12,3 milliards de dollars d’exposition nette aux monolines. Bank of America - Merrill Lynch affiche 9,2 milliards, suivi de Deutsche Bank (8,5 milliards), RBS (7 milliards), UBS (5,3 milliards) et le Crédit Agricole (2,5 milliards).

Mais pour les analystes, le risque sera contrôlable. Ils estiment notamment que les monolines pourraient causer une perte de 2 milliards de dollars à UBS, poussant les comptes trimestriels dans le rouge. Le 1,7 milliard de dépréciations anticipées pour Deutsche Bank seraient compensées par ses revenus de trading.

Lors d’une conférence sur les établissements financiers organisée hier par Morgan Stanley, Didier Valet, le directeur financier de la Société Générale, a confirmé que de nouvelles dépréciations d’actifs à risques avaient été passées par la banque française au premier trimestre au titre des activités de BFI. Tout en estimant leur niveau tout à fait « gérable », il justifie cette décision par le niveau des indices et des spreads de crédit à la fin du mois de mars. L'iTraxx Financial Senior (qui mesure l’indice des dérivés de crédit sur la dette senior) a atteint 178 points hier, soit le plus haut niveau depuis le début de l’année, qu’il a inaugurée à 117,6 points. Mais le directeur financier a également évoqué la situation financière des monolines, sans pour autant donner de chiffres.

Hors de la BFI, les autres activités subissent les conséquences du ralentissement économique. La Société Générale en a notamment fait état dans son réseau français. En conséquence, Credit Suisse anticipe un recul de 3 % des revenus de cette activité au premier trimestre, alors que ses analystes avaient initialement prévu une hausse de 2 %.

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