2010 démarre sur de bonnes bases en matière de M&A

le 08/01/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les performances du quatrième trimestre 2009 et les opérations déjà annoncées laissent entrevoir une année de rebond pour les fusions-acquisitions

Depuis plusieurs mois, le marché prévoit une éclaircie en 2010 sur le front des fusions-acquisitions (M&A). Elle semble en passe de se concrétiser après une année 2009 où les volumes ont reculé de 24% (2.400 milliards de dollars). Chez Dealogic, on en veut pour preuve le score du quatrième trimestre 2009, avec des volumes (739,6 milliards de dollars) qui ont rebondi de 46% par rapport au trimestre précédent. Cela «laisse entrevoir une résurgence des M&A pour la nouvelle année», note Dealogic.

Force est d’ailleurs de constater que 2010 a débuté sous de bons auspices. Selon les chiffres de Mergermarket (voir tableau), les opérations impliquant une partie européenne totalisent déjà 26,7 milliards d’euros sur 2010, contre à peine 4 milliards il y a un an.

Ce dynamisme tient pour les deux tiers à la reprise de 52% d’Alcon par Novartis. Dealogic y voit le signe qu’après avoir représenté près de 10% des volumes en 2009 (contre 6% en 2008), le secteur de la santé devrait continuer à tenir les premiers rôles en 2010. Un avis partagé par Mergemarket pour qui «les grands groupes pharmaceutiques vont être à la recherche de cibles leur permettant de renouveler leur pipeline».

Au total, Mergermarket voit d’ailleurs s’amorcer une grande tendance sur le marché. Si 2009 a été marqué par les transactions touchant des groupes en faillite (un record a été atteint en ce domaine avec près de 100 milliards de dollars, soit une hausse de 370%), 2010 devrait voir réapparaître «les fusions de croissance».

Pour la traduction en chiffres, le Boston Consulting Group avait estimé mi-décembre que les volumes pourraient croître de 20% cette année. Ce qui ramènerait le marché vers ses niveaux de 2005 (autour de 2.800 milliards de dollars). Si un rebond est prévisible il convient donc d’en nuancer l’ampleur car les volumes devraient rester encore loin des niveaux atteints entre 2006 et 2008 (de 3.300 à 4.600 milliards). Dès la rentrée de septembre, UBS parlait d’ailleurs d’une année 2010 de transition avant une reprise plus franche en 2011.

Une chose est sûre, pour beaucoup d’observateurs, les volumes et le nombre d’opérations hostiles seront des bons baromètres pour évaluer la confiance des acquéreurs et la vigueur de la reprise dans les M&A. En 2009, ces opérations hostiles ont chuté de 65% du fait de la crise.

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