L’horizon du marché français du capital-investissement s’éclaircit

le 06/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La hausse des levées de fonds, des investissements et des sorties souligne une amélioration de la conjoncture du secteur, selon le cabinet Bain.

Les métriques du marché français du capital-investissement sont certes loin de leurs niveaux de 2006 mais la conjoncture s’améliore doucement. C’est en substance le message qu’a fait passer Bain & Company lors de la présentation de son rapport mondial 2015 sur le secteur, à l’occasion duquel le cabinet de stratégie a réalisé un focus sur la France. «Un certain nombre d’éléments attestant d’une amélioration ont été observés en 2014 par rapport aux années précédentes», témoigne Jérôme Brunet, associé chez Bain & Company.

Premier point qui souligne un appétit accru des investisseurs, les levées de fonds ont atteint 23 milliards de dollars grâce notamment à l’apport des 9 milliards levés par Ardian Secondary Fund VI, le fonds de l’ex-Axa Private Equity dédié aux opérations secondaires. Retraités de cette levée, les engagements s’inscrivent malgré tout en hausse par rapport aux 13 milliards de dollars enregistrés en 2013, qui avait été la première année de contraction depuis 2009.

Sur le plan des investissements, le cabinet de conseil note une amélioration sensible. Si l’on exclut l’année 2011, lors de laquelle trois opérations majeures sur Spie, Oberthur et Foncia avaient gonflé les investissements à 15,5 milliards de dollars, les 11,7 milliards déboursés l’an dernier représentent le plus important montant depuis 2007, en nette hausse par rapport aux 7,4 milliards affichés en 2013.

A l’image du rachat de Numericable par Altice annoncé l’an dernier, le cabinet souligne aussi le retour des investisseurs industriels. Sur les 17 milliards de dollars de sorties recensées par le cabinet, près de 5 milliards ont été réalisés auprès d’investisseurs stratégiques. Le rebond des IPO, qui ont totalisé 8 milliards de dollars, contre environ 2 milliards en 2013, offre également une autre opportunité pour la rotation des portefeuilles.

Après plusieurs années difficiles, les acteurs français du secteur ne sont en effet pas encore parvenus à sortir de certains de leurs investissements. «50% des actifs acquis lors des millésimes 2006 et 2007 sont toujours dans les portefeuilles», relève ainsi Bain & Company. Une situation qui pourrait se débloquer progressivement en 2015 avec la hausse des multiples de valorisation que prédit le cabinet, à l’instar d’Argos Soditic. Bain estime notamment que les fonds disposent de 5 milliards de dollars de «poudre sèche».

Palmarès des opérations de capital investissement. Illustration L'Agefi.
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Palmarès des opérations de capital investissement. Illustration L'Agefi.

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