Le rapprochement de boutiques se confirme dans les fusions-acquisitions

le 23/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plusieurs banques d'affaires sur les midcaps en France ont récemment annoncé leur rapprochement, motivé par la taille critique et l'accès à l'international

La vie des acteurs du conseil en fusions-acquisitions (ou « M&A ») est un éternel recommencement. Alors que chaque crise provoque l’éclosion de boutiques indépendantes, d’autres font le choix de fusionner pour grossir.

Le marché français s’est illustré jeudi dernier par le rapprochement entre Financière de Courcelles et Financière de l’Epervier. La seconde prendra une participation significative dans la holding de contrôle de la première, jusqu’à présent détenu à 100% par le groupe Petites Affiches. Spécialisé dans les midcaps, la nouvelle structure réunira une trentaine de professionnels, assistés par 23 senior advisors.

Les rapprochements font gagner un temps précieux aux boutiques. «Financière de l’Epervier apporte son expérience dans des secteurs comme l’éducation et l’aéronautique / défense. Financière de Courcelles bénéficie de son côté d’un réseau international intégré. En outre, les professionnels de Financière de Courcelles sont  essentiellement des ingénieurs, auditeurs et commissaires aux comptes. Cela implique une approche très technique, utile par exemple dans la structuration de financements, que viendra compléter le dynamisme commercial apporté par Financière de l’Epervier», explique Dominique Auburtin, PDG de Financière de Courcelles.

Ces rapprochements sont-ils inévitables ? «Le succès des boutiques est lié à la perte de confiance à l’égard des grandes institutions financières. Parallèlement, les compétences techniques se sont diffusées chez les clients. Pour être crédible aujourd’hui, une boutique doit atteindre une taille critique, bénéficier d’un accès international et approfondir ses connaissances techniques», estime Bertrand de Saint Remy. Pour le patron de Financière de l’Epervier, cela implique de réunir au moins une trentaine de professionnels, générer 30% de son activité à l’étranger et s’adosser à un réseau international présent dans les pays à PIB équivalent.

L’importance de l’international s’est encore illustrée par le rapprochement entre le français Messier Maris et l’américain Millstein début février. Mais le désir de concentration n’exclut pas une forme de retour en arrière, dans lequel la boutique intègre un grand réseau qui complète ainsi son offre. C’est le cas de Natixis (groupe BCPE), qui négocie l’acquisition des activités de Leonardo & Co en France. L’an dernier, la presse prêtait à la banque d’affaires italienne la volonté de fusionner avec un acteur américain, Houlihan Lokey ou Greenhill.

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