L'Euribor va entamer sa mue dès cette année pour être plus sécurisé

le 16/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Conseil européen a trouvé un compromis sur l'encadrement des indices, dont l'Euribor. L'administrateur avance dans la refonte de celui-ci.

L'Euribor va entamer sa mue dès cette année pour être plus sécurisé
(Crédit Fotolia.)

Alors que les législateurs européens progressent dans l’encadrement des indices de référence de marché, l’Euribor s’apprête à faire sa mue dès cette année vers un indice basé sur des transactions réelles. Vendredi dernier, les représentants des Etats membres de l’Union ont trouvé un compromis sur le règlement encadrant les «benchmarks». Ils vont devoir trouver un accord avec les eurodéputés qui voteront sur le texte le 9 mars prochain en commission.

Proposé en 2013 par la Commission, le règlement veut tirer les leçons des affaires de manipulation des indices de référence, qui se sont multipliées depuis 2012.

Les Etats membres prévoient que les administrateurs d’indices soient encadrés par le régulateur du pays où ils sont basés, c'est-à-dire le régulateur belge pour l’Euribor. Pour les benchmarks jugés cruciaux, ces régulateurs coordonneront un collège de régulateurs nationaux. «Si on a besoin d’une décision rapide, nous ne pensons pas que ce soit efficace», déplore Guido Ravoet, directeur d’Emmi, l’organisation qui administre l’Euribor. Si le banquier se dit globalement satisfait de la proposition du Conseil, ce dernier aurait souhaité que le régulateur européen des marchés, l’Esma, soit chargé de la supervision de l’Euribor. Cette solution semblait cependant difficile à imposer à la Grande-Bretagne qui a déjà placé le Libor sous la supervision de son régulateur national, la Financial Conduct Authority.

Dans la ligne des recommandations des régulateurs internationaux, Emmi compte passer rapidement à un Euribor basé sur des transactions réelles et non sur des estimations. De quoi rendre le risque de manipulation «presque inexistant», selon Guido Ravoet. Il aurait souhaité que l’Esma puisse prendre des mesures pour assurer un passage «sans aucune perturbation du marché» vers cet «Euribor+» mais les législateurs ne devraient pas privilégier cette voie. Emmi compte donc réaliser une transition en deux temps. Avant l’été, les 25 banques du panel devraient utiliser la nouvelle définition de l’Euribor, qui reflète leurs coûts de financements à court terme et non sécurisés. D’ici au 1er trimestre de 2016, l’administrateur devrait avoir mis en place la collecte des transactions réelles pour établir l'Euribor+.

Emmi travaille par ailleurs à la renaissance d’un indice reflétant le coût des financements sécurisés. Ceux-ci se sont beaucoup développés mais l'administrateur a dû arrêter en janvier de publier son indice dédié, l’Eurepo, faute de contributeurs.

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